Après le week end du 13/14 juin 2009 PDF Imprimer Envoyer

Après le week-end du samedi 13 et du dimanche 14 juin 2009

 

C’est après la semaine infernale d’examens et d’audition à l’école de musique où j’ai soutenu les garçons autant que je pouvais. J’ai le dos bloqué. ça ne fait rien, on va fêter mon anniversaire.

Samedi matin je vais acheter de rubans roses, violets, rouges pour vous transformer en cadeaux, toi et Marcel, y compris sur le podium du shoushou si cela s’y prête. L’après-midi, on prend le soleil dans le jardin. Le soir je me sens doucement heureuse quand nous partons chez Shoushou, où Marcel nous rejoindra avec son copain Pauline.

Quand on arrive, ce sont les amis de Shoushou qui nous accueillent, la femme de celui qu’il appelle son frère, son ami cardinal, qui nous reparlent des gay-prides, du climat plus tendu à Lille, de militantisme d’un côté, d’hostilité de l’autre. Brigitte aussi qui me parle de l’avortement de sa fille aînée, trop jeune et sans boulot. On boit du champagne parce que demain j’ai 45 ans ! Marcel n’est pas encore là, j’étouffe un peu, on dîne, fatigués, et à côté de couples apparemment très hétéros. Toujours pas de Marcel…

On danse un peu, on va vers les casiers, ça y est les voilà les deux. Pauline en pin up toujours chic, jamais un truc qui risquerait de faire un peu vulgaire ou pute ouh la la , non ! Je jubile de retrouver Marcel, il est là avec son collier clouté et son regard de loup et moi je n’ai que envie de l’embrasser de la joie d’être là. Sitôt que je suis tranquillisée, je peux repartir danser tout mon saoul. Minuit : Bon anniversaire ! avec les autres anniversaires du jour, podium, mais tout va vite, c’est un tourbillon… Marcel danse, avec un pas pataud, son air de loup dont il se ne départit pas, cela me fait hurler de rire.

En haut rien de fameux, une lourdeur.

Je vois bien que ces hommes là, lourds, excitent évidemment mon envie de battre, mais ceux là justement ne le veulent pas, trop fiers pour céder à ce qu’ils désirent ou à ce qu’ils méritent sans le savoir.

Cela n’a pas de sens d’être à trois dans un lieu public sans un minimum de concertation. Ni dans un lieu privé d’ailleurs, comme je te le dirai ensuite. Pourquoi ? Parce que le dimanche, qu’est-ce qu’on a fait avec Marcel ? On a baisé , à longueur d’heures, dans tous les sens, j’ai été excitée à ne plus pouvoir m’arrêter à nouveau, et toi aussi et Marcel aussi, et on a encore baisé comme de jeunes chiots alors qu’on pourrait quand même se mettre d’accord pour faire mieux que ça !

Ca m’a fait tout drôle de voir Marcel dans ma maison.

On a été dérangés plusieurs fois par le téléphone et la visite impromptue d’Ali. On a bu du champagne, mangé, baisé.

On a raccompagné Marcel à Bruxelles. Le lendemain il réservait ses billets de train pour partir en vacances avec nous.

 

Et voilà : dix jours plus tard je raconte tout cela avec le même sentiment heureux et en même temps de rester sur le bord de ne je ne sais pas quoi.

Ah si , ceci encore : le lendemain ou le surlendemain, je t’ai demandé de m’attacher et de me battre. L’orgasme violent m’a soulagée énormément.

 

Ce suspend, c’est peut-être de ne pas savoir en fait si nous allons nous convenir vraiment à trois, avec Marcel, pour jouer. J’ai besoin d’aide pour dominer (de mots, de désir, d’idées même si j’en ai aussi …) je ne trouve pas aisément ma place là.

J’ai envie de continuer à régresser aussi dans mes fantasmes, version « La Laisse », en animal qui n’a plus de langue pour parler (qui sait autant que moi la puissance de ce dernier volet du roman où on coupe la langue ; le dernier texte étudié cette année avec mes élèves concernait aussi des histoires de langue qui étouffe une femme qui s’entête à l’avaler !!!) .

Version plus petite qu’une petite fille, gros bébé comme on y a joué il y a quelques jours. … Comme en latin, infans = qui ne sait pas parler .Du latin au français, on a étendu le mot à toute l’enfance : à juste titre car même quand il sait parler, l’enfant ne sait pas dire ce qui lui arrive ; pour ça il faut plus que le temps de l’enfance ! Il y a beaucoup d’adultes qui continuent à être infans : je sais de quoi je parle ! ( Apprendre aux enfants à être dans la parole : tâche primordiale).

Ce serait bien qu’on se parle plus à trois des jeux possibles et de ce qui convient à chacun .

Marcel , je suis fabriquée de la sorte que je suis incapable de faire abstraction d’autrui si je ne suis pas dans un isolement physique et mental complet , incapable de faire abstraction et soit désireuse de contenter un autre qui est forcément une mère difficile , impressionnante , et un peu froide , soit désireuse de m’en abstraire quand je vire à la parano de l’autre comme forcément malfaisant , inhumain , étouffant (autre version de la mère-père ).De temps en temps je suis « normale » , hein Patrice ?

Donc …parler pour ne pas être seulement des enfants .A trois , nous avons cette chance merveilleuse de pouvoir être des enfants comme on l’a dit que nous pouvons être des idiots , au sens d’un tout est permis , au sens de la charge subversive des masochistes que Deleuze explique très bien , qui retournent la loi pour en rire ou pour en jouir ,il nous reste à ne pas être des infans …cela nous tuerait très certainement (je sais de quoi je parle ) …

 

 
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