L'hypothèse 15 avril 2007 PDF Imprimer Envoyer
L'hypothèse est la suivante : c'est l'hypothèse que ce qui fait démarrer l'excitation sexuelle, c'est la scène: quelqu'un veut bien, quelqu'un accepte de faire la chienne, de monter qu'il a envie de baiser. (Ce passage du Moi se contrôlant à sa déchéance dans la marécage du sexe - peau, odeur, humeur, muqueuse, organe sexuel - de la noble humanité policée à la libération de l'animalité qui suce, qui frotte, qui lèche ). C'est cette transgression qui déclenche cette excitation sexuelle.
Or je crois que les hommes l'assument très rarement pour eux, sauf les homos.
Pour moi, c'est toujours une femme (par exemple moi) qui est aussi chargée d'assumer cette place. Je n'arrive pas mentalement à mettre un homme en place de salope. Si tu veux t'y mettre, c'est déjà toujours tellement volontairement, que cela risque de griller finalement cette sène : le passage, il faut qu'il y ait quelqu'un qui ne veut pas et quelqu'un qui veut baiser dans cette scène. Mon idée présuppose (à tort si ce n'est qu'un phantasme de ma part) que quelqu'un ne veut pas du sexuel et va s'y trouver quand même. Il faut qu'il y ait passage, déchéance, transgression. Et celui qui ne veut pas, c'est sa Majesté le Moi autonome et parfait, celui qui jouit du pouvoir plutôt que du sexuel, le Névrosé, celui qui a une haute opinion de lui-même et cherche reconnaissance et louange dans son rapport à l'autre.
Donc souvent c'est la femme qui fait cela : passivement apparemment. Alors qu'elle est à l'origine de ce déclenchement du sexuel.
La femme-objet rappelle en permanence ce statut social qui lui est conféré : non pas objet sexuel mais sujet du phantasme du passage de l'humaine à la chienne.
Je m'excite de me voir déchoir.
Je m'excite de me voir m'exciter !
( Voilà pourquoi le sexe est si rapidement autiste pour moi).
Pourrais-je m'exciter de te voir t'exciter ?
Il faudrait pour cela que tu ne sois pas excité, et que "je" te conduise à l'excitation : ceci n'arrive jamais entre nous (si tu ne bandes pas et que je te suce par exemple : l'excitation ne vient pas de toi portant la scène de passage, mais de moi comme chienne suçant). C'est compliqué, je ne comprends pas tout. Si tu ne bandais pas, si tu marquais clairement ton retrait : c'est la marque du Moi Roi qui veut dominer et qui m'angoisse horriblement. C'est sûrement une des raisons que j'ai de t'aimer, outre ta belle queue, tu ne joues jamais de cela, tu ne m'as jamais nargué avec ça, tu n'as jamais joué l'impuissance, le manque d'appétit etc...
Et pourtant, cela me semble quand même possible qu'une configuration particulière, à trouver, fasse de moi quand même la chienne, qui porterait le déclenchement de l'excitation, assumerait la scène du ravalement au sexuel. Peut-être une tu pourrais ne pas en jouer, mais jouer explicitement la comédie de celui qui ne veut pas.
Comme d'hab, pour moi, c'est quand quelque chose reste caché, tacite, que cela coince.
Ce matin je me réveille avec ce dévoilement du "coup" que moi aussi je peux ressentir quand parfois je dois assurer ce rôle dans la scène qui déclenche l'excitation et que cela prend l'allure de : tout repose sur moi, je suis responsable si ça ne marche pas (c'est parce que tu peux parler des coups que cela te fait que mon excitation ne corresponde pas à ton excitation , que je peux parler).
Car aussi pour que je prenne cette place , il y a évidemment le combat réel entre sa majesté mon Moi-névrotique-obéissant-à-sa-maman-non-tu-ne-jouiras-pas-ma-fille et mon envie de jouir.
C'est peut-être pour ça que j'ai tant besoin de t'obéir pour être sexuelle. Il faut que tu tiennes ce rôle de celui qui clairement et fermement va m'arracher à mon Moi névrotique.
Il faut envisager peut-être deux plans : le plan "réel", le plan du fantasme, et parfois les deux se recoupent, se superposent. Par exemple, ici, tu ne peux être le maître qu'autant qu'ordinairement tu ne l'es pas, et traites mon moi en égale du tien.
Question: qui est celui qui en toi prend ce rôle du maître? Un entre deux entre sa majesté ton Moi et l'animal en rut ?
Tout dépend donc de la virulence des défenses anti-sexe et très moi-je ?
Petites défenses et grosse envie de jouir : qu'il suffit de jouer la scène de la glissade dans le sexuel (longtemps purement mentale pour moi, souvent solitaire : je suis en train de devenir une salope, une chienne, et que nous commençons à jouer à deux).
Grosses défenses, et -" Moi? Pas besoin de jouir" : c'est là que l'artillerie pourrait être efficace : une vraie scène montée à l'avance, des rôles rodés.
... Suite de notre conversation d'hier : ce décalage : dans ton fantasme, il faut justifier la place du maître: c'est une affaire sociale, de dressage et de concours de chien etc. Dans mon fantasme : le maître ordonne parce que c'est son bon plaisir, c'est un Roi. Comment trouver pour toi le biais qui te permet d'assurer ce rôle ?
En ne le confondant jamais avec le réel! Si le rôle est difficile, c'est qu'il est proche du réel? ( Comme si il risquait d'être dévoilé en tant que désir caché de toute puissance).
Voilà, c'est qu'il y avait là un arrachement à mener (comment y contribuer de mon côté? ) Du Moi Majesté qui pourrait bien vouloir se payer d'omnipotence sur autrui, à la bête qui va faire la pute au point de jouer ce salaud qui domine, et qui va en profiter pour tirer partie de la chienne pour sa propre jouissance.
Les hommes hétéros straight machos : ils baisent sans porter atteinte à sa majesté leur Moi : c'est la femme qui est la chienne et c'est tout. Ils sont jaloux, ils continuent à jouer du moi plutôt que du cul - c'est moi qui l'aie, pas toi.
 
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