Ô my masochisme Ô PDF Imprimer Envoyer

Avouar mal èsprès ? Pouâh !

Être maso ? C'est pour les anormaux , les fêlés ,les déglingués , les"victimes" .
Ah moi nan ! et pis j'ai horreur d'avoir mal , j'suis douillette , moi , le moindre bobo et j'crie , j'pleure .Ah nan ! moi j'supporterais pâs qu'on m'fasse mal .

Tu dis qu'y en a qu'en jouisse ?

OUI

Comment arriver là ? Ô !

Mes biais , donc , voilà comment ça m'est arrivé , voilà comment ça m'arrive :

Le premier biais est en quelque sorte une apparente impasse de la psychanalyse .Je me suis retrouvée , dans l'analyse , vraiment le nez dessus :plus possible de reculer , de nier ,de se voiler la face devant des conduites qui engagent des pans entiers de la vie et qui si on arrête de se défiler devant l'évidence relève d'une auto-punition , pure et dure , bel et bien .Et on peut aussi diagnostiquer la "jouissance "à la lacan ,c'est-à-dire , inconsciente , car apparemment évidemment je souffre et m'en plains ,mais tenace ,maintenue envers et contre tout et répétée , répétée encore répétée : et on ressent même la décharge après une bonne crise de bonne grosse souffrance à quoi rattacher ce mot de" jouissance"dont use lacan :là on ne peut plus éviter la question du masochisme , de la pulsion de mort et tout l'toutim !
J'avais lu déjà l'article de Freud ,les histoires de masochisme primaire et secondaire : je les avais lu comme on lit autre chose , qui ne semble pas nous concerner ou de loin , d'une lecture intellectuelle mais non reliée au vécu ou à l'affectif .
L'analyse a été la manière pour moi d'interroger une énigme de ma vie sexuelle : quinze années de frigidité , d'absence quasi totale de sexualité : accepter d'abord d'en parler , être moins terrifiée à l'idée d'être anormale , me sentir finalement normale en en parlant ,redécouvrir quand même que non ce n'était pas normal , ne plus être terrifiée à l'idée d'avoir été anormale ,etc . Or cette punition radicale qui m'a été infligée par qui ?,je ne peux pas ne pas y voir un résultat d'un masochisme à l'oeuvre , du moins c'est un des romans possibles . Or aussi , les scénarios familiaux que j'ai pu reconstituer , remonter , ressasser , ne l'épuisent pas : pas de clef du mystère après quoi le symptôme eût miraculeusement disparu après la levée du refoulement. Le symptôme n'est plus celui de la frigidité , aucun scénario reconstitué ne m'a frappé suffisamment .
Ce qui persiste se manifeste sous forme de crises avec P . Des scènes , parfois épouvantables , de la colère ,de la paranoïa , du rejet , de la violence , de la rupture , une plongée parfois vertigineuse dans la haine , de lui , de tout , de moi , parfois jusqu'à l'attrait vertigineux de détruire , lui , tout , moi , car il se met à régner là une redoutable indifférenciation où tout revient au même : avec une force et le visage reconnaissable de la jouissance : ténacité , répétition , implacabilité ,sacrifice , décharge . Bref : on finit par la reconnaître quand même la grande muette folle : pulsion de mort , thanatos , la nommer c'est déjà gagner au moins un point !
Là , il y a pour moi une butée , là la psychanalyse ,en l'état de mes rapports avec elle me laisse en plan , faut que j'me débrouille , que j'bidouille ...

D'autres biais donc ,
Les crises : manifestations de la pulsion de mort et jouissance masochiste de catastrophes (la violence ayant comme remplacé la frigidité ) , elles se terminent dans une scène sexuelle particulièrement forte : très souvent ça a été le cas , mes meilleurs baises , celles où tout est possible , où l'excitation dure des heures et des heures jusqu'à épuisement .La crise semble permettre la mise en place inconsciente d'un scénario mental masochiste sexuel .Il y a là un glissement rendu possible , une voie ouverte , où le masochisme moral de la crise se dissout et se résout dans du sexuel .Je ne sais pas comment s'articule cette opération , et cette méconnaissance lui conserve son côté quasiment alchimique , mais qui passe par la mise en place d'une scène où se reconnaît un fantasme de masochisme sexuel . Par exemple : je fais souvent un cauchemar dans lequel j'ai peur d'un homme dangereux , menaçant , en colère , un tueur ou un proche devenu terrifiant et implacable , je l'ai appelé l'homme en colère , quelques soient les formes sous lesquelles il m'apparaît dans mes rêves .Parfois il est juste une ombre sans traits , il va pénétrer dans ma maison , son corps peut même parfois traverser les vitres , glisser sa main à travers la matière pour tirer le verrou de ma porte . La crise avec P transforme P en Homme en colère au propre comme au figuré : L'amant est et haï et fait peur et cela m'excite violemment . Il est en colère et avec raison ! et je vais subir des représailles méritées! Ou bien , je le déteste , je lui en veux , mais je suis "obligée" de me laisser faire pour pouvoir jouir ! Je le déteste mais je me livre à sa concupiscence : je me sens alors en dessous de tout , j'ai honte ,je me sens humiliée , et là l'excitation monte violemment . Redoublée du fantasme masculin de la salope : même la femme qui ne veut pas finit par céder , la chair maîtrisant Narcisse . C'est une descente , je ne me représente jamais cette montée de la jouissance sexuelle , cette surexcitation , comme une victoire ( alors que d'une certaine manière c'en est une , je vais jouir comme une malade ) , mais comme une défaite , quelque chose abdique , un orgueil est bafoué , un enfant est battu ? , quelque chose lâche où je me méprise . Quoi ? il faudra y revenir .Il y a eu un vrai combat là dedans , quelqu'un jouit de l'avoir perdu !
Donc : du masochisme , de la souffrance morale aiguë se résout en sexuel , un scénario masochiste est mis en place de domination et de soumission .

Autre biais , retour au fil de l'analyse :
L'analyse me permet de déplier , repérer , diagnostiquer l'existence d'un masochisme non ressenti consciemment : c'est d'abord donc un travail de déduction , à telle conduite ,il doit y avoir une cause , ,or c'est une conduite où manifestement je ne me veux pas du bien , bien au contraire , donc c'est du masochisme , et il n'y a là aucune excitation sexuelle ,seulement les traces d'une jouissance inconsciente , reconnaissable à la force de l'attachement à ces conduites .
D'où l'idée de distinguer nettement un "masochisme moral" d'un"masochisme sexuel" (je ne sais plus d'où me vient cette distinction , de la préface de Deleuze à la Vénus de Sacher Masoch ou d'ailleurs ?).Sinon on ne comprend rien ,et pas clairement en tout cas ce que c'est que ce masochisme de la femme frigide !(Chez Beauvoir ,ça n'est pas clairement distingué :masochisme recouvre trop de choses différentes .)Le masochisme sexuel correspond lui à la possibilité que le masochisme soit et rendu conscient et lié à l'excitation sexuelle , ce que le masochisme moral n'est pas .
L'idée qui vient ensuite , c'est de penser qu'il y a un rapport entre un masochisme moral qui fonctionne inconsciemment et un masochisme sexuel potentiellement présent : il faut convertir le masochisme moral en masochisme sexuel , passer de la jouissance inconsciente à la jouissance sexuelle .
Là , à ce moment-là dans l'analyse , je réclame pour la première fois à être sexuellement battue : la cravache fait sa première entrée sur ma scène érotique .Mais disparaît rapidement après seulement quelques essais . ?
WHY ???
ça fonctionne plutôt pas mal comme dispositif fantasmatique excitant :être déchue au point de demander à être battue (l'ego cul par dessus tête ! la honte délicieuse d'en arriver là ! ) ça fonctionne plus ou moins sur le corps , la peau : battre relève de l'art et du savoir .Je n'étais pas à même alors de guider pas à pas mon tortionnaire sans risquer de foutre par terre le fantasme en acte .Gros problème : comment obliger son acolyte à vous faire exactement ce que vous voulez dans un scénario où vous êtes censé être soumis à son caprice : ça demande évidemment quelques mises au point préalables mais j'étais à cette époque trop attachée au silence : ça devait être magique ou rien , pas de demi-mesure ; P avait de quoi flotter et renoncer rapidement quelque fût pourtant le plaisir pris de part et d'autre à l'expérience .(l'ego de l'homme peu enclin à reproduire les canons de la domination masculine s'en trouvait mis lui aussi cul par dessus tête , et réclamait timidement encore la pareille ! )
La cravache , être ligotée , si ça fait "trop mal" , Ah non tout de même , je n'aime pas du tout ça , donc je ne suis pas maso , et hop retour au masochisme moral !
Ce qui se passe là est infernal : impossible de savoir si ce sont les coups qui font mal ou si déjà ils font mal en fait parce que le masochisme moral l'a déjà emporté et va foutre en l'air le nouveau dispositif de jouissance ( combien de nouvelles jouissances ne se fait-on pas payer chèrement ! )
J'avais quand même en mémoire une autre expérience : lors d'une soirée sexuelle à quatre avec des amis : les deux hommes enrobent et serrent mon corps dans une longue corde bleue , m'immobilisent et me caressent ,la douleur à certains endroits sur la chair sciée ou trop serrée ne fait qu'aviver une excitation sublime .les marques laissées et qui ne partiront que bien après déclencheront encore de l'excitation à chaque fois que les regardant elles feront remonter toute la scène .

L'impasse de la psychanalyse , c'est se rendre compte qu'avoir pris connaissance de son masochisme inconscient ne permet pas de le dégoupiller , ne l'empêche pas de fonctionner comme d'habitude : assister à ça en soi et se voir impuissant , seulement horrifié et fatigué que la crise se répète , c'est ...désolant , énervant , pénible etc. "ça " jouit non plus seulement à mon insu , mais , comment dire? , à mon détriment !
Autre biais encore :qui consiste à mieux saisir l'importance du scénario masochiste .Nos crises de "couple" sont aussi des crises de pouvoir : un Moi-roi contre un Moi-roi , et c'est la guerre , la guerre à qui cédera .(Et le Moi en majesté n'est pas très sexy : il veut qu'on lui lèche les pieds mais non déchoir en jouissant sexuellement de l'hommage , il partage pas le moi en majesté , il ne plie pas , et ne sait pas qu'il est l'esclave du masochisme moral ! ) Le SM ,comme mise en oeuvre dans le jeu érotique de rapports de pouvoir ritualisés et théâtralisés , pouvait alors apparaître comme une issue possible , renversant à nouveau le masochisme moral en masochisme sexuel .
Relire la préface au Sacher Masoch une nouvelle fois : comprendre de mieux en mieux l'inversion maître-esclave :le maître apparemment domine , mais en réalité se plie au désir de celui qui se soumet volontairement .

Mais il y a aussi la contradiction difficile entre des fantasmes d'avilissement , de soumission (l'homme en colère , qui abuse ,froidement ) , être forcée ou pire devoir se rendre à l'ennemi , et ,_c'est un vertigineux fossé , une faille dans l'être !_ la révolte contre toute place de victime ("ce n'est pas moi ! , c'est qui ça , qui veut être martyrisé ?"), l'allergie à toute forme de pouvoir , la faculté même à repérer , débusquer , démasquer ,derrière ses formes les plus innocentes et anodines ,l'abus de pouvoir .Et concrètement , dans le vécu "amoureux" , répétitivement , ce que P appelle ma volonté de destitution de l'homme :vérifier que le partenaire réel ne se confond pas avec la figure du bourreau du fantasme , vérifier que c'est moi qui domine au moment même parfois où pourtant mon fantasme requiert un homme qui domine , vérifier qu'il n'est bien qu'un acteur , au besoin l'humilier l'air de rien , lui faire savoir qu'il est un incapable , et s'il passe l'épreuve , enfin pouvoir s'en remettre entièrement à lui , ou plutôt , vérifier que sa majesté son Moi abdique pour jouir , pour que sa majesté mon Moi abdique également sans danger majeur , pour jouir également : le masochisme est un manière de baiser il n'y a pas plus égalitaire et démocratique !
Alors là , c'est souvent de la dentelle : sur le fil entre réel et fantasme !Le fil du rasoir est toujours celui entre jouissance masochiste morale et moïque et jouissance masochiste sexuelle , jouée , destituant le Moi ,mais sans pour autant porter atteinte à ma dignité d'humain et pourtant si quand même, mais dans quelles limites qui ne bascule pas vers de l'autodestruction qui verrait la victoire à nouveau d'un masochisme moral inconscient ? Un vrai fil du rasoir ! Qu'est-ce qui m'assure que l'homme réel n'a pas revêtu les oripeaux de l'homme du fantasme pour m'abuser en vrai ! Mais quand je doute , qui gagne? , mon masochisme inconscient contre ma jouissance sexuelle ? Comment accéder à ce territoire où l'on va être d'accord pour lâcher , pour abandonner la maîtrise , et comment encore lâcher réellement prise ? C'est quasi la révolution à chaque fois , passer des vieilles monarchies au nouveau régime : égalité . Fraternité? Disons plutôt qu'on passe à un régime de conscience qu'il n'y a pas de rapports humains utopiquement débarrassés des rapports de pouvoir et donc autant les jouer et les inverser :en jouir plutôt qu'en pâtir .Liberté ? Sûrement : celle des contrats , de l'honnêteté .Fini les vieux scénars amoureux dans quoi se drapait la guerre des puissances égotiques !
Etape suivante :croiser tout ceci avec la théorie Queer .(Preciado/Butler/Bourcier/Califia) , sortir de l'impasse d'une distribution insupportable et affolante où les rôles soumis/dominant recoupent obligatoirement ceux de femme/homme .Comment assumer d'être excitée sexuellement par des fantasmes de soumission à l'homme et être féministe pour aller vite ?
(trouver ce nouveau biais pour ne plus faire le yoyo dans d'insurmontables contradictions : avoir le droit et d'être une" femme ", et d'être libre , et de jouir de fantasmes à rebours apparemment de la libération des femmes )

Découvrir qu'existent des lesbiennes SM ! Voilà la grande ouverture !Si si elles existent , elles se font virer des mouvements féministes parceque trop lesbiennes , elles se font virer des mouvements de lesbiennes parce que trop sexuelles , alors SM elles n'en parlent même pas ! C'est ce qui est arrivé à Dorothy Allison comme le raconte Lynda Hart dans "La Performance sado-masochiste" ou à Pat Califia .Elles sont américaines mes lesbiennes SM , les françaises , je sais pas où elles sont .Pourquoi je flash sur les lesbiennes SM ? c'est qu'elles témoignent mieux que tout qu'on peut décoller le rapport de domination /soumission pour en jouir du couple homme/femme .Et ce n'est pas pour rejouer dans l'aliénation et l'aveuglement le vieux rapport d'esclavage sexiste avec l'une des gouines qui ferait l'homme ! non entre deux femmes ,ça marche pas comme ça ,on oublie pas qu'on est "femme " (ou lesbiennes si les lesbiennes ne sont pas des femmes comme dit Wittig ) même en faisant l'homme !Donc elles existent ces femmes qui jouent à ces jeux de domination entre elles sans porter atteinte à l'effort , au combat des femmes pour ne pas être réaliénée par l'homme .Des femmes peuvent jouir de leur masochisme sexuel sans donner raison au pouvoir des mâles , sans donner des armes à ceux qui prétendent que le masochisme est un destin proprement féminin :ça sauve tout . A priori aussi , j'ai davantage confiance dans des femmes qui ne dénient pas les rapports de violence et de domination entre femmes , et elles ne sont pas légion dans les zones féministes et homo :elles sont pestes entre elles comme partout ailleurs les féministes et les homo , mais motus , si y a plus de mâle dans le coin comme alibi de la lutte entre femmes alors quoi ? pourquoi qu'elles se crèpent le chignon ? : une autre femme , Narcisse ou pas de baise ...j'comprends rien ou trop bien leur cuisine ! Bref des lesbiennes SM , ou du moins l'objet théorique très intéressant qu'elles sont devenues pour moi , ne se règlent pas leurs comptes à coups de coups bas mais de coups sur la peau aux orgasmes mêlés : c'est nettement plus digne tout de même !
( On m'a raconté qu'au festival du film lesbien , cinéfable , des films de Maria Beatty , des films SM et lesbiens avaient suscité rires ,sarcasmes , huées :ça en dit long sur l'esprit straight de ces lesbiennes soit-disant avancées et anticonformistes ! )
Parallèlement aux lectures de Butler and co , je lis de plus en plus de textes érotiques qui affichent un univers sado-masochiste .Je dis qui affichent , parce que bien souvent les textes de l'érotisme masculin classique comportent une bonne part de scénarios où la femme est avilie et maltraitée mais comme si elle aimait ça ou comme si on se foutait de ce qu'elle ressent (donc elle aime ça , ça revient au même ) parce que ce sont des scénars masculins où la femme n'existe pas autrement que comme objet ou fantasme de l'Autre mais qui permet d'en faire un objet ( cf Simone de Beauvoir ) Tout est très embrouillé au début , ou je suis excitée ou je suis excitée et révoltée , ou je suis excitée et terrifiée , ou je ne suis plus excitée mais dégoûtée ,et révoltée et terrifiée ...Il me faudra du temps pour démêler ces impressions !Parce qu'a priori si c'est de la littérature érotique , c'est forcément intéressant ,et je mets pas en route mon dispositif critique si j'ouvre un bouquin pour me branler !Mais je dois finir par m'avouer qu'il y a des livres qui me disent moins .Mon ambivalence à l'égard des scénarios SM me met de plus en plus mal à l'aise , retour des angoisses à l'idée d'être enfermée dans ces rôles de femmes soumises à l'homme : comment faire si ma jouissance en dépend ? Abdiquer ? Sûrement pas !
Les lesbiennes SM , suite ! Le masochisme féminin n'est pas un destin , mais endosser le rôle du maître pour une femme c'est une prouesse quand même vu qu'on a pas été calibrées pour ! La Top ( celle qui domine ) est toujours passée par le rôle de Bottom (celle qui est soumise ) , Pat Califia l'écrit , elle ne soumet le corps d'une autre à rien qu'elle n'ait d'abord expérimenté sur son propre corps .Il y a de l'inversion possible : cela devient une clé :quand bien même dans mes fantasmes c'est le rôle de bottom qui me fait jouir , rien n'empêche que mon masochisme ne soit pas mis au service de mon rôle de top en acte !
Je ne restitue pas une exacte chronologie de mon cheminement , les grandes lignes seulement . Et donc , parallèlement , mais quand exactement et pourquoi ? ,quelque chose a lieu dans mon corps , dans ma sensibilité corporelle , une mutation , c'est dans ma peau , une mue , je commence à repérer que des gestes qui travaillent sur la limite entre plaisir et souffrance sur des zones érogènes et autour du clitoris notamment déclenchent l'excitation , la décuplent , la rendent cent fois moins incertaine (le grand inconvénient des caresses pleines de tact et de doigtées apparemment étaient clairement devenu qu'elles me faisaient abandonner en cours de route mon excitation , par ennui , désintérêt , dans des états de frustration de plus en plus marqués et répétitifs et coléreux ! :signes avant-coureurs peut-être des métamorphoses en cours )
Est-ce le geste par lui-même qui fait l'excitation : la douleur aiguë ,fine et précise sur la zone excitée et qui amplifie tout , tête vide et en dehors de tout scénario ? Ou bien , est-ce l'Idée du geste exécuté qui fait à tout moment irruption comme un pétard allumé , c'est indécidable ! A chaque instant , la chair de mes lèvres délicatement pincée et torturée peut ramener la conscience claire du geste et de la brutalité qui l'originent (tout autant la "bonté" de celui qui me fait cela "pour me faire plaisir " , mais de quelle trouble "bonté" !!!) , et son double , la conscience non moins claire de ma "place" à cet instant : et "je" suis retournée , chavirée dans l'éclair de cette révélation :"ah bon ! je suis donc ainsi faite que cela m'excite qu'on me meurtrisse , moi habituellement si douillette et si fière !" : incohérence et révélation qui à chaque fois me renversent ..Je m'y habitue , ce sont des modes d'excitation nouveaux et des modes de jouissance nouveaux , que j'apprivoise et expérimente petit à petit , et je ne m'y habitue pas , je n'en reviens pas , et ce "ne pas en revenir ",participe peut-être d'une manière ou d'une autre à l'excitation :une stupeur , une stupéfaction , comme une gifle mentale : je n'en reviens pas qu'une fessée en bonne et due forme me fasse mouiller , et quand je vérifie que je mouille , cette seule idée renforce et décuple l'excitation :c'est presque quelque chose comme de la sublimation : une transformation alchimique vers le haut , la jouissance et non la mort , et doublée du fantasme d'être vue dans cet état : la scène est fondamentalement publique ,le maso est à la fois avili et admirable!C'est peut-être lié à ce que certaines descriptions de l'expérience masochiste racontent , que c'est une opération destituante , où le moi est amené à lâcher .

Il y a des rituels dans certaines sociétés qui doivent relever de ce genre de mécanismes : je l'ai entendu raconté par un anthropologue à la radio , chez les indiens hopis peut-être : des sévices spectaculaires infligés à un qui consent , devant tous qui l'accompagnent dans cette traversée : on ne comprend pas en quoi cela régénèrerait l'individu , sauf à penser que l'opération est proprement masochiste et met en branle ce déplacement théâtralisé du moral au sexuel/corporel .

L'excitation de celui qui domine ?
Pour moi , pour partie , elle provient de mon identification au soumis (je jouis de ce qu'il jouit) , pour partie , du rôle de maître de cérémonie qui va se charger de dévoiler ce dont est capable le soumis et qu'on ignorait , de révéler le soumis à lui même et aux autres témoins , pour partie encore ,c'est peut-être le retour de la jouissance de la transgression : oser prendre cette place , du mâle ! , qui domine , qui brutalise , qui soumet , ordonne etc .

Bon voilà pour le moment ... pour le moment je fais de la couture pour me transformer en personnage érotique animalier avec les dépouilles d'un gros nounours en peluche

 
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