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-1Après la soirée du samedi 16 mai, et dimanche 17 mai 2009

 

 

Au retour, je suis saoule d’excitation et de jouissance saoulée .

 

C’est dimanche, le midi, l’heure des repas en famille que j’abhorre, nous nous venons de déjeuner et tu as annoncé à Marcel qu’on remettait ça (ça fait des heures qu’on ne fait que baiser) il y a eu juste cette pause. Marcel est parti livrer des armoires, nous avons petit-déjeuner à son retour et tu dis ça à Marcel : on va s’occuper d’elle maintenant, l’attacher, la fouetter.

Je ne suis justement plus très sûre de ce que je veux (tu m’as fait jouir il y a une demie heure, je suis un peu calmée…).

Mais d’abord on va prendre Marcel en photo, à sa demande avec ses nouveaux anneaux spectaculaires dans chaque téton et dans le gland. On cherche un mur nu dans l’appartement puis une caisse pour que Marcel grimpe dessus dans sa chambre et qu’on puisse le prendre nu entièrement. Je suce Marcel pour qu’il rebande et exhibe plus fièrement ce dernier anneau. Tu nous prends en photos, perché sur sa caisse, je n’ai qu’à peine à me pencher un peu pour prendre sa queue dans ma bouche. Je le regarde me regarder le sucer. Je me déshabille pour que les photos soient plus jolies qu’avec mon pyjama, quand même! Puis on le photographie seul.

 

Et puis on recommence à jouer. Tu me poses le nouveau masque sur les yeux, Marcel est parti chercher du matériel (dans son appartement, il y a des cartons un peu partout: quand on regarde d’un peu plus près, ils contiennent des boîtes de sexes toys, des cassettes de films SM ?). Tu m’as mis des bracelets aux pieds et aux poignets, et avec des cordes je sens que vous me liez les membres aux montants du lit, mais j’ai de la latitude pour bouger. C’est bien. L’excitation est revenue. Je ne vois pas. Je sens seulement sans savoir d’où cela vient, baisers, caresses. C’est toi qui frottes ton sexe sur le mien. Je sens un genou contre mon sexe. Peu après tu me décris la posture de Marcel qui s’est glissé sous toi. Ce n’est pas son genou mais le crane de Marcel qui est contre mon sexe. Il te suce, j’enrage de ne pas voir cela ! Marcel me suce ,à plusieurs reprises, en m’aspirant, en aspirant mon âme par le clitoris. Vous jouez avec des vibros, sur mon clitoris, dans mon vagin, dans mon cul. Je pense : des enfants avec leurs jouets. Je n’en peux plus, c’est un plaisir épuisant mais infernal: impossible d’arrêter, parfois j’aurais besoin de quelques minutes pour récupérer avant de continuer, vous ne me faites pas grâce d’une pause. Cela dure. J’en profite, vous ne savez plus si cela fait vraiment son effet ou pas. J’aime beaucoup l’effet des godes et vibros, mais quand je sens une main chaude qui se pose sur ma jambe, c’est là que cela fonctionne. Les machines ne marchent qu’autant qu’elles sont rappelées à la désavantageuse comparaison du corps de l’Autre, tellement chaud, vivant, meilleur. Les godes sont des prothèses, très intéressantes, mais des prothèses qui ne valent que comme prolongement du corps chaud qui les utilise (seule avec ces machines, je m’ennuierait sûrement très vite).

Et puis je suis encore sucée, bichonnée, tringlée.

Nous faisons une dernière tentative, pendant que tu te douches après avoir joui, pour enfiler une capote sur le sexe annelé de Marcel, mais il débande à nouveau… Je ne saurai pas ce que fait l’anneau au fond de mon sexe, la garce!

 

 

 

Quand nous arrivons chez Marcel samedi en fin d’après midi, nous sommes un peu épuisés par la gay pride. Pendant que tu te prépares, Marcel me raconte que voilà, il n’est plus le soumis d’Athéna. Le contrat est rompu. Marcel dit qu’en un sens il est soulagé, et que quelque chose semblait biaisé parce qu’Athéna ne reconnaissait pas en actes la liberté à Marcel de ses relations avec nous notamment.

ça me met mal à l’aise. Je n’aime pas que nous soyons les catalyseurs de cet effet de rupture. Qu’est-ce qui de nous pouvait inquiéter Athéna? Marcel est disert, raconte des histoires amusantes, scène d’ascenseur avec voisine tenant banane et melons suggestifs…

 

Boom: ou entre ce que Marcel dit et ce que Marcel fait …

C’est un lieu perdu, caché. Marcel y est accueilli comme le fils prodigue… Ce n’est donc pas simplement un lieu que Marcel aime bien, où il va avec des amis…comme il le dit dans son mail. Non, cela fait des années que Marcel n’est pas venu ici, et même s’ils étaient prévenus de sa visite ce soir, ses amis semblent bouleversés de le revoir. Cela ne doit pas être anodin que Marcel nous ait emmenés ici ce soir. Pauline arrive un peu plus tard. Il y a aussi V. qui ne viendra pas au RDV. Je me demande ce que Marcel bricole. Dans son mail il nous disait qu’il sortait ce soir là avec des amis et nous proposait de nous joindre à cela, et en fait tout semble comme organisé pour nous, comme si Marcel avait cherché où nous emmener ce soir-là, qui puisse nous convenir.

J’ai un moment de flottement, de faiblesse, il me faudrait plus d’expérience, pour commencer à jouer. T’ordonner de te mettre nu, et tu vas rester ainsi toute la soirée, avec seulement tes bracelets aux poignets et aux pieds, ton collier de chienne et perché sur tes hauts talons. Je fais allonger Marcel sur la table basse en bois, pour le griffer, le caresser ,pour l’embrasser, lui lècher l' oreille, ah voilà qu’il est sensible et chatouilleux! J’y reviens avec d’autant plus de plaisir. Il me reste deux glaçons au fond de mon verre, que je lui fais fondre et absorber par le cul.

Patrice tu vas subir le même sort, tu vas inaugurer ton modeste petit plug, et te tortiller en criant, de cette intromission, ou de subir la petite torture des glaçons. Marcel m’assiste, du geste et du sarcasme.

 

Je vous envoie en promenade, mes deux beautés nues.

 

Nous migrons de notre petit salon à l’écart, vers la pièce où se pratiquent plus de torture. Je ne vois guère les autres. Je suis peu à l’aise de cette présence d’autres, inconnus, ni curieux, ni rien, juste un peu trop indifférents?, absorbés. Marcel est installé agenouillé et le haut du corps couché sur une drôle de balançoire. Je lui ficellerais bien le sexe, mais je ne sais pas… C’est de plus en plus un problème pour moi: être arrêtée par mon ignorance de la technique, mais je suis anti-technique par nature, incapable de me passionner pour le moindre outil, le moindre fonctionnement élaboré! J’envie à un autre maître à côté tout son beau matériel. L’ami de longue date de Marcel, et qui préside l’association SM, je crois, passe nous voir, dire quelques mots à Marcel, il sort de son pantalon son sexe et ses bourses dans lesquels sont fichés de monstrueux anneaux, lourds et épais, qu’il montre à Marcel. J’en profite pour demander à Luc de l’aide pour ficeler Marcel. Il me répond qu’il ne peut pas, pour la paix de son ménage, il lui promet de la dominer d’abord à son épouse Nadine. Il s’éclipse, j’ai enfilé un gant pour prendre Marcel, mais Luc revient avec sourire, fébrilité, et commence à jouer avec Marcel, lui faisant tester sur tout le corps un rouleau plein de pointes, qui fait crier et se tortiller Marcel, puis Luc le bat, puis nous demande s’il peut nous le prendre, et voilà Luc qui s’empare totalement de Marcel. Il nous l’emmène pour l’attacher dans la grande salle. Il lui accroche les bras haut en l’air, lui masque les yeux. Nous nous installons sur le petit canapé en face qui permet de regarder la scène.

 

Jamais je n’ai vu un homme dans un tel état de ferveur à l’égard d’un autre homme. Luc a le visage rayonnant, passionné : il manie Marcel, le frappe et le caresse, le fait attendre, puis se tordre, on dirait une « vieille maîtresse » selon l’expression de Barbey d’Aurevilly, qui reprend possession du corps de son amante qu’elle connaît par cœur, des années plus tard. Ce sont des noces, des retrouvailles. Quand je regarde son visage, je ne reconnais pas Marcel , masqué, il est devenu un autre, il semble progressivement concentré en lui-même.

Toute la scène est belle. Un homme désire un autre homme et le lui manifeste de cette étrange manière : il le suspend et le possède par la captation de tout son être grâce aux sensations qu’il lui inflige sur la peau.

 

Puis c’est Nadine que Luc accroche. C’est une femmes aux chairs généreuses. Il la manie en expert. Son sourire à elle, ses dents, sa langue, son corps qui se tortille, tout dit son plaisir. Pauline et Patrice se branlent mutuellement. Marcel m’a rejointe. Je le soumets à l’autre question : pas celle du corps, celle de se livrer, je lui demande de me parler de ce qu’il aime, de ce qui le fait jouir.

Ce qui plaît à Marcel :

1) cette cravache avec le petit bout mou qui cingle;

2) je ne suis pas hard. Marcel n’aime pas les coups pour les coups;

3) Quand le week-end à Houyet, je l’ai pris, que je sois sur lui, le dominant, le prenant.

Il me parle encore de ce couple d’amis, Luc et Nadine qu’ils voyaient beaucoup du temps de Danièle. Tous les quatre, tour à tour, Luc lui aussi, dominés, Ce qui ne se sait pas ici, dans son domaine où il fait autorité en tant que maître. Marcel dit que sa femme ou lui dominaient Luc.

J’ordonne à Marcel de me sucer. Trop longtemps, il a mal aux genoux. Nous sommes tous les quatre comme de sales gosses qui se branlent en public. Je ne sais pas si c’est l’usage ici…

 

Boom est un lieu du passé de Marcel, un lieu du temps de Danièle. Il n’est peut-être jamais revenu depuis qu’elle est morte. C’est peut-être la première fois qu’il revient, avec nous.

Je suis fatiguée. Il me semble que je n’ai pas bien su jouer, que Marcel est un peu distant depuis que Luc l’a pris (et m’a à moi coupé mes effets! Peste! J’eusse pu me sentir lésée, mais foin de tout ça, j’ai plus joui de voir…).

 

Nous rentrons chez Marcel. Je suis épuisée, je me douche, puis Patrice, je viens dire bonsoir à Marcel. Il est assis sur la canapé dans la pénombre, en string de cuir et pull-over. J’embrasse tendrement Marcel qui m’accueille contre lui, et je reste là lovée, la tête contre sa poitrine, sentant son souffle dans mes cheveux, silencieux. Je suis émue par ce moment. Je dis à Marcel que j’ai pleuré dans la voiture en revenant de Boom, que je ne sais pas pourquoi. Je dis à Marcel que j’ai l’impression d’avoir pleuré à sa place, c’est l’idée qui m’est venue, mais elle n’est pas encore très claire, elle se précisera plus tard dans mon esprit. Ce n’est vraiment plus anodin que Marcel nous ait emmenés à Boom : que Marcel ait pris ce risque pour lui, peut-être, je ne sais pas, de raviver le passé perdu, peut-être qu’il nous y emmène comme des talismans pour affronter cela, et enfin peut-être traverser son deuil, qu’il ne soit plus un deuil ouvert et infini qui fait par exemple qu’il ne bande plus, mais un deuil qui est fait, qui ne le met plus en danger de mélancolie. Je sais que c’est parfaitement irrationnel de penser ainsi : mais quand je dis que je pleure à la place de Marcel, je le pense vraiment, que je ressens une tristesse de Marcel qui n’arrive même pas à sa conscience, et que je prends en charge parce que Marcel ne peut pas pleurer (Marcel ne ressent pas la tristesse, je la ressens pour lui. Ou bien je suis en pleine identification et je délire à bloc?).

 

Je suis tendrement, sororalement, enfantinement, dans les bras de Marcel. Nous ne bougeons. Et puis c’est l’étincelle, à quatre heures du matin, la montée du désir, comme à Houyet, une excitation haute, vive, solide, qui ne me quittera plus. Marcel a juste glissé sa main dans mon dos, vers le bas de mon dos, le souffle du baiser semble juste un peu plus brûlant. Marcel s’est levé et a libéré sa queue qui bande. Patrice arrive et je lui dis que ça y est, Marcel bande. Oui sûrement j’attendais que Marcel se mette à bander.

 

A quoi cela tient-il? « Tout le mystère est là dedans »!

 

Il y a le public et le privé : toute la soirée à Boom, je ne ressens qu’une légère excitation, il y a beaucoup de contrôle sûrement qui m’empêche de me laisser envahir par l’excitation dans un lieu public. Et en même temps je peux penser que toute la soirée m’a imprégnée, ces beaux corps nus de femmes liées et maniées, les beaux corps de mes deux esclaves nus, et soudain, enfin à l’abri, dans la pénombre de ce bocal au 18 étage ouvert sur le ciel au-dessus de Bruxelles la nuit, et voilà… l’excitation déborde, à flots, la bonde a sauté.

 

Ou bien - et encore…

Toute la soirée à Boom n’est qu’un vaste détour, un vaste délai qui aiguise le désir, je sais que cela va pouvoir arriver, comme à Houyet, dans l’après, dans l’intimité, et je n’en peux plus d’avoir tant attendu…

 

Ou bien - et encore : le tendre baiser du soir qui vire au sens chimique à l’excitation sexuelle.

 

Ou bien - et encore…

Je sais que tu es là, dans la salle de bain, je sais que tu vas venir, que tu vas me trouver là dans les bras de Marcel…J’ai les larmes qui me montent aux yeux en l’écrivant, et je sais que je peux, que j’ai droit, que nulle sanction ne m’attend, au contraire, et l’excitation démarre, l’excitation de fond, comme on dit un coureur de fond, qui ne va plus me quitter.

 

Nous rejoignons le lit dans la chambre de Marcel, je ne sais plus le détail de ce que nous faisons, mise à part que j’ai le sexe brûlant et qui coule. Cela ne s’arrête pas pendant le sommeil, ce qui me réveille sans cesse quand nous essayons de dormir, c’est mon sexe qui coule, l’excitation qui ne se calme pas, qui ne me quitte pas.

Vers neuf heures je me réveille, je sens Marcel contre mon dos, toi qui bande vite, nous bougeons à peine, je n’en peux plus d’excitation, et puis vous me prenez, avec vos mains, des deux côtés, j’ai les doigts de Marcel dans le cul, les doigts de Patrice dans le con, sur le clitoris, je vais mourir de plaisir.

Evidemment je jouis, mais jamais au point d’avoir un orgasme, puisque l’orgasme m’anéantit et m’enlève l’excitation. Non, là, impossible d’orgasmer. Je ne fais pas exprès. Tout en moi se déroule de sorte que cela dure indéfiniment.

 

Ou bien- et encore …

Qu’est-ce qui fait qu’à trois je peux vivre cela ?

Marcel vient remettre ce mélange d’insécurité et de sécurité qui me semble à la base de mon fantasme fondamental. Je ressens vivement avec vous deux que ma dignité et ma faiblesse sont à égalité présentes. Je n’ai plus de défense, vous pourriez me blesser, je ne me protège plus du tout, mais vous ne le faites pas. C’est une menace qui ne se réalise pas. Voilà : c’est cela peut-être la formule, ce qui m’excite, une menace qui reste virtuelle, et qui même au contraire, se résoud en une telle attention, une telle délicatesse à mon égard que j’en demeure confondue (c’est idiot ce que j’écris?).

 

Je n’arrive pas à me mettre à votre place mentalement à ce moment là. Rationnellement je peux essayer de comprendre, que vous êtes si caressants pour une toute autre raison, mais rien n’y fait, je me sens aimée! (C’est idiot ce que j’écris? . En tous cas c’est bizarre pour moi, car jamais l’amour n’a causé chez moi du désir, mais peut-être oui, le désir cause de l’amour, je me suis toujours sentie aimer ceux qui me font jouir, aucun doute là-dessus, jouir m’attendrit et me rend reconnaissante, mais de là à croire que le désir qu’on a pour moi susciterait de l’amour : c’est de l’impensable, je n’y croirais, mais cela fait là retour dans ce que j’écris, comme si, si si, c’était possible…).

 

Voilà. Il y a un doute, de l’insécurité, que Marcel représente par exemple parce qu’il ne dit pas ce qu’il pense à certains moments, que je le connais pas bien, que rien ne m’assure que je pourrais être aimée de Marcel, toi, tu vois je n’en doute plus ( et quand je regrette nos crises qui conduisaient à l’excitation, il y a quelque chose de ça : me sentir potentiellement en bonne maso, méprisée, désirée et méprisée.) Et l’insécurité n’est vraiment plus importante, elle devient l’inverse, et je lâche tout.

 

 
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