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-1Après la soirée du samedi 16 mai 2009

- et le dimanche de baise du 17 mai -

 

Il y a d’abord le fait d’avoir vécu la gay pride, faire le tour de Bruxelles en dansant, en criant des slogans, en regardant ceux qui nous regardent, au milieu des trans’, des travestiEs, des gays, des folles, des lesbiennes en couple avec leurs enfants… On ressort de là tout ébahis de ce « coming out », de cette « épistémologie du placard »…

 

Physiquement et psychiquement, quand on retrouve Marcel, je me sens comme sur une « planète bleue », l’impression que tout ce qui s’enchaîne là, marcher habillé en vinyl et latex dans les rues en bas de chez Marcel, toi en gilet fluo et ta jupe volante et ta moustache blonde, arriver chez Marcel, prendre une douche, se promener nu chez lui, « normal », « normal »…!

L’extravagant entièrement « normal ».

Cela va susciter en moi une excitation permanente dans tout mon corps, pendant plusieurs jours (jusqu’à ma vasectomie, qui va à peine calmer cet état)…

Marcel nous emmène dans un nouveau lieu, un nouveau donjon, en terre anversoise, on passe dans l’autre langue. Un lieu « associatif », des « vieux de la vieille » dit Marcel, allusion à des complicités très anciennes pour lui. Une maison en retrait de la route, au bout d’un chemin sauvage, signalé par des flambeaux, on ne sait pas où on est. L’utopie…

Nous introduire là est un cadeau, je le reçois comme cela. On comprendra aussi que pour Marcel, nous sommes peut-être le moyen de retourner dans un lieu déserté depuis des événements difficiles de sa vie.

Le présent qu’il nous fait de nous emmener là est peut-être l’annonce d’un avenir revivable, partageable avec des « nouveaux », qui passe peut-être par un passé interrompu à dépasser. C’est d’ailleurs peut-être vrai pour chacun de nous : le S/M comme sexorcisme par lequel dépasser certains passés qui nous ont (inter)rompuEs.

 

La cérémonie des vestiaires, où changer de tenue, se déshabiller dans la proximité de l’étroitesse du lieu, se rhabiller en commentant, parfois en s’aidant les uns les autres, est un rite où l’ambiance commence déjà. On pourrait faire tout un texte sur les vestiaires des lieux comme celui-là, l’ambiance qui y règne, qui peut rappeler les piscines mais qui rappelle surtout que dans les piscines le déshabillage est neutralisé, désérotisé, ce qui pour moi est toujours une violence (pareil se déshabiller chez les médecins, dans les magasins, sur la plage): se déshabiller, se dévoiler et jamais se dénuder, faire coïncider cela comme une double contrainte violente qui nous renvoie sans doute à des sensations d’enfants ayant eu à subir cela…

Là au contraire, on sait que la nudité ne sera pas refoulée, ni le désir, ni le sexe… C’est délicieux!

 

Je me change, mais je reste très « habillé », un « marcel » ( évidemment) en latex, un pantalon en vinyl noir brillant, et mes hauts talons. Maquillage, vernis aux ongles, je ne me sens pas trop mal. Tu es « habillée » très vamp, avec un filet et des vêtements en latex qui laissent voir tes seins et ton sexe. Tes bottes marquent ta domination. Marcel a un superbe collier, et il se met entièrement nu, à l’exception d’un string en cuir, « démontable »… Il a des anneaux aux seins, nouvellement posés, et plus tard nous en découvrirons un au sexe, impressionnant…

 

On se retrouve dans un recoin, fauteuils en cuir blanc bien confortables. Marcel et moi sommes face à toi, chacun dans son fauteuil. Tu me trouves trop habillé et me fait mettre nu. Je garde mes hauts talons, mes bracelets de cuir aux poignées et aux pieds, qui permettent d’être facilement attaché, et mon collier… Je suis un peu gêné au début, et ensuite je vais m’habituer et aimer cela de plus en plus, pouvoir marcher comme cela au milieu de tous ces inconnus, nu et en hauts talons. Tu me diras plus tard que cela m’allait bien…

 

On commence à jouer. Tu donnes des ordres, tu me fais sucer Marcel, puis tu le fais allonger sur la table basse, sur le ventre. Tu le titilles, on le gronde, le provoque, tu le pinces, je le cravache un peu, le fouette avec le martinet tout en le caressant. On sait qu’on n’en viendra pas à bout de cette bête là apparemment passive mais redoutablement résistante. Tu joues avec des glaçons, qui fondent du haut du dos, sur le crane, jusqu’au creux des fesses.

Tu me fais le promener dans toute la maison, u bout d’une laisse. Une étrange image, ces deux hommes, l’un accroché à l’autre, l’en en laisse, l’autre en hauts talons…

Ensuite c’est mon tour d’y passer. Allongé, table basse. Les glaçons, et puis l’idée de m’enculer avec le nouveau plut récemment acheté à Paris, spécial cul un peu serré! Au début, j’ai très mal, ça me brûle, je crois que je n’y arriverai jamais. Marcel ricane, évidemment, et semble étonné de ce cul si étroit… « Il faudra arranger cela »…

Et puis finalement miracle, c’est comme dans les livres érotiques, la douleur s’inverse, et le scène de toute à l’heure aussi: c’est à Marcel de m’emmener en laisse dans tout le donjon avec mon plut bien enfoncé dans le cul qui s’y fait bien et ne le relâche pas, à mon étonnement…

Après je ne sais plus comment cela arrive, mais on met Marcel à genoux sur une sorte de balançoire, les fesses bien en l’air. A son tour le plug, qui entre sans problèmes. Tu l’asticotes, et un ami de Marcel, Luc, vient le titiller aussi. Il nous montre ses anneaux au sexe démesurés… On lui propose de s’occuper un peu de Marcel (tu lui noues le sexe avec une corde, mais on peut mieux faire, et on sait que Luc s’y connaît). Il dit qu’il ne peut pas décider cela, qu’il doit demander l’accord de la femme avec qui il est… En attendant, je me promène toujours nu en hauts talons, je vais voir ce que font deux hommes à une femme assise nue, qui parfois crie. L’homme me dit que je peux aussi m’en occuper… Je n’ose pas, et je lui dis que je dois te demander l’autorisation. Mais je reste troublé par cette proposition (elle contredit l’habitude que j’ai de ne pas être sollicité, demandé, désiré…).

Luc revient et fesse Marcel jusqu’à un beau rouge éclatant. D’autres jeux, et on repart avec Luc et Marcel dans la plus grande pièce, où Luc attache Marcel les bras en l’air, lui bande les yeux. On est sur une banquette à proximité.

On va assister à un spectacle très très très beau.

Luc s’occupe de Marcel comme un homme d’une femme. Il le/la conduit à la limite, lui fait subir divers traitements et « tortures » avec des instruments piquants, des fouets, des pincements, des pressions, entrecoupés de caresses…Je te dis furtivement qu’on dirait que Marcel grandit, est plus qu’humain, c’est une scène d ‘érection, une scène « sublime » comme on dit en philosophie kantienne…

Sur le coup, cela paraît « normal ». Mais c’est une scène qui me marque en profondeur depuis. Une scène inédite, de deux hommes entre eux, complices. Et peut-être aussi parce qu’après cela, qui se terminera par un Marcel détaché, comme une « descente de croix », un Marcel mis à genoux par pression des mains de Luc sur des points du corps inconnus de moi, selon une géographie d’acupuncture, en un sens: après tout cela, Luc va chercher Nadine, son amie ou sa femme, elle mise à nue à son tour, yeux bandés, et tous les mêmes gestes de Luc vont venir, dans une complicité entre soumise et dominant qui révèle plus encore ce qui reliait Luc et Marcel(le)…

Il y a dans tout cela une intrication entre du sexuel, de l’énergie à « dresser », « redresser », dans un rapport de domination, et de l’amour comme on n’en voit pas dans les scènes d’amour des livres ou du cinéma.

C’est très très beau, touchant, excitant et émouvant en même temps. Un cadeau que Luc et Marcel nous font… On est « accueillis »…

J’adore vivre tout cela dans ma tenue, mes hauts talons qui redressent mon corps, mon sexe qui peut bander ou non, les regard des hommes et des femmes qui conversent par ci par là…

Cela aussi est une expérience particulière, cette ambiance qui mêle l’ordinaire, des personnes qui parlent entre elles, habillées ou non, comme si on était dans un salon ou un lieu public, un café, et en même temps éparpillées dans l’espace, des scènes S/M invraisemblables, des soumis et des soumises jouant comme des enfants mais en même temps vraiment, sérieusement. Je ne sais quoi penser de cette cohabitation de l’ordinaire et de l’invraisemblable: sûrement est-ce ce qui me travaille « philosophiquement » depuis toujours: la philosophie (et la psychanalyse) me sert à cela, accentuer l’invraisemblable dans l’ordinaire…C’est là qu’est l’érotisme et le sexe, en tous cas pour moi : dans cet endroit où l’ordinaire est excédé par ce qu’il escamote habituellement : oui, coming « out », sortir du « placard »…

 

C’est d’ailleurs ce qu’on vit à la fin de la soirée, où on se retrouve à quatre sur la même banquette, Marcel, Pauline, toi et moi. Je branle Pauline pendant que tu donnes des ordres à Marcel qui te suce. Après on inverse, je te suce, caresse un peu Marcel, je crois, et Pauline se branle avidement jusqu’à jouir.

On sourit de voir qu’un des organisateurs sort déjà ce qu’il faut pour « nettoyer »…

 

Et après tout cela on devient pendant des heures branchés sexuellement en permanence. Quand on arrive chez Marcel, je me mets nu (« normal »!), parle un peu avec Marcle pendant que tu te douches, me douche après toi, et je te retrouve ensuite dans les bras de Marcel qui te caresse sous ton pantalon de pyjama. On part à trois dans le lit, nus, toi au milieu, sucée et branlée de chaque côté par nous deux. On « dort », on n’a que deux oreillers, je partage le mien avec toi, c’est un peu acrobatique. Je ne dors pas vraiment.

Dans un état un peu second on se réveille, on recommence à s’exciter, se branler dans tous les sens. Marcel doit s’absenter deux heures. On continue pendant ce temps là, je t’enfile, tu jouis et moi aussi.

Quand Marcel revient, petit déj. , et à nouveau au lit. Mais avant cela, Marcel nous demande de le photographier avec ses nouveaux anneaux. On cherche le bon endroit, et finalement il se retrouve contre un mur, debout sur une caisse. Tu le positionnes pour que je le photographie, et évidemment tu le branles, le suces pour qu’on voit bien l’anneau passé sur son gland, le sexe bandant… Je te dis de te déshabiller pour que les photos soient plus harmonieuses. Marcel est perché en hauteur, ton visage et ta bouche justes à la hauteur de son sexe. On dirait une scène de divinités antiques…

Ensuite c’est ton tour. On te menotte, te ligote, te bande les yeux, je te fais me sucer, tout cela en parlant, en trouvant des mots qui t’avilissent, en les dialoguant avec Marcel qui se prête au jeu de la femme qui n’est qu’une pute dont on doit avoir l’usage. Je viens entre tes cuisses, Marcel glissé là aussi, il me suce la queue et les couilles, ma queue au bord de ton sexe excité par son crane…Je regarde les yeux de Marcel qui me regarde, sa tête entre nos cuisses, au milieu de nos sexes…

Ensuite Marcel sort des sex toys et on joue, toi toujours les yeux bandés et ligotée au lit par des cordes reliant les menottes. Des godes vibrants, et des objets délirants, qui vibrent sur le clito, ou sautent fébrilement sur tes lèvres. Tu es « partie », ce n’est pas « un » orgasme, c’est un flux de jouissance qui rappelle ce que nous avons connu dans des jeux à trois, un autre homme toi et moi…

Je deviens de plus en plus comateux, et excité en même temps.

Je finis par t’enfiler, Marcel nous photographie au moment où je jouis.

J’aimerais tout recommencer, sans fatigue …

 

 

 

 
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