Donjon 1 bis PDF Imprimer Envoyer

Donjon 1 (Bis)

  Samedi 27 octobre.       On n'a pas baisé de toute la semaine, à la place on s'est engueulés, tu as eu des vertiges et moi de la parano.       Ce soir on est fatigués, à bout, tu dors là, quand enfin les enfants semblent endormis, on se touche quand même, je te branle doucement, tu me pinces le sexe, je le mouille (c'est le petit moment de stress où j'ai peur de ne pas réussir à être excitée, c'est récurrent, c'est un moment de désarroi et d'énervement : un moment où je n'ai plus confiance, je crois que ça va rater, je crois que tu ne vas pas trouver le geste qui marche.). Tu m'enfiles un doigt dans le cul. Je veux ta queue. Tu l'enfiles dans mon con , d'un coup .Je me masturbe, tu me dis que tu veux me mettre deux doigts dans le cul. Tu le fais en me disant : "c'est ça, écarte bien ton cul", ça fait mal, un peu. Je pense que tu penses à la façon dont nous t'avons fouetté Christine et moi hier soir. Un bref instant je manque de jouir en pensant que tu veux te venger. Tes doigts dans mon cul font mal, un peu, je me branle plus vite, c'est lié, cela se convertit en jouissance, je sens ta queue aussi, je jouis, et toi aussi.        Hier soir nous avons passé pour la première fois une soirée au donjon.       Christine est venue me proposer de t'attacher là haut. On s'est mises d'accord, je ne la rejoins pas tout de suite. Prise dans des conversations, je stresse de ne pas avoir vu le temps passer. Je me dérobe, mais Christine est en train de descendre l'escalier et me dit en riant qu'on va d'abord te faire attendre. Elle me dit qu'elle t'a bandé les yeux avec un sac poubelle, en riant aussi. Il est prévu de te faire sucer par Shiva dont elles ont découvert il y a peu qu'il suce avec enthousiasme la queue, alors qu'il se défendait d'aimer une telle pratique.        Tu es attaché , pieds et bras écartés, une corde blanche noue ton torse. On te fouette avec des martinets, Christine, Fauve, Claudia, moi. Je m'y essaye, parfois maladroitement, je veux m'entraîner, mais je ne le fais pas avec leur enthousiasme et leur assurance. Je ne crois pas que cela te plaît. Cela t'intéresse, mais je ne crois pas que tu aimes ça.       Quand le cousin de Fauve, avec un sourire que je trouve sadique, te fouette aussi, je stresse. Et puis il y a tous ces gens, qui se sont agglutinés pour voir. Et toi qui réclame de pouvoir voir. Heureusement que tu as les yeux bandés sinon tu ne pourrais pas supporter qu'on te regarde comme ça. Mais je stresse, je ne sais pas si ça va. Quand tu bandes bien parce que Shiva te suce, je suis rassurée. A un moment de la séance de fouet, Christine me glisse à l'oreille "va derrière lui le caresser doucement", au moment même où j'allais le faire : il doit y avoir une intuition de ça, du moment où il faut "récompenser" le soumis, "toujours", me dit Claudia qui maltraite Shiva.        Christine s'en va , je glisse à Claudia qu'on inverse la scène et que tu suces Shiva. Tu m'as quand même obéi en te mettant à quatre pattes. Quelqu'un a glissé à l'oreille de Claudia qu'on a besoin de Shiva à un autre étage, donc ça ne dure pas longtemps et Shiva ne bande pas.  Deuxième scène :         Je t'ai demandé de ne pas monter tout de suite me rejoindre mais de me laisser d'abord un peu avec Charline.         Avant que tu arrives, Charline et moi nous nous tournons autour, ni l'un ni l'autre n'ayant envie de se soumettre à l'autre. Je veux bien quand même pour jouer, mais pas vraiment. Je suis très attirée par Charline, j'ai envie de caresses , de baisers, d'être dans ses bras, comme avec les hommes au shoushou samedi dernier. C'est un désir de chavirer, de me laisser doucement aller, dans les bras de..., baisers, caresses, bras, mon désir est suspendu là. En y repensant après coup, je me dis que c'est un désir d'adolescente.         Je ne désire pas plus apparemment. Si je désire baiser, c'est dans l'émoi tendre, comme à l'adolescence, il faudrait être seuls... (Il faut que je l'écrive de bout en bout!): c'est là où ce n'est pas clair. J'ai commencé à comprendre seulement hier soir que je devais faire attention à toi et que quand on en a reparlé au lit, que je devais t'écouter et savoir quelque chose que je ne veux pas savoir.         C'est le syndrome "Jean-Christophe"! Je jure que dans ces scènes je ne ressens rien de ce que je te fais. Apparemment tu es pour moi seulement un peu à l'écart de ces scènes qui me concernent moi. C'est, du moins , c'est ce que je crois, la forme que peut prendre pour moi le désir d'un autre que toi. Voyons voir.          "Il faudrait être seuls", aussitôt relié à "il y a quelque chose d'interdit", que je ne ressens pas, que je déduis. Et fugitivement, les figures de mon père et de mon frère Yves qui viennent, et je  me mets à pleurer (prise entre le "je ne vois pas où est le problème" , la phrase du pervers qui va vers son but et nie quelque chose de réel, et la culpabilité : le problème est alors que je peux ressentir une culpabilité énorme mais ne pas savoir exactement où est la faute, quelle est la faute).         Quand tu arrives et que je suis avec Charline, je dois flotter entre des choses diverses et variées. ( Je ne veux pas écrire sur tout ça une écriture où je dois me confesser, et pourtant, puis-je m'en empêcher? Ne suis-je pas menacée si je ne le fais pas? Que tu me méprises, que tu me haïsses, que tu me quittes, que tu fasses la guerre.)         Comme dans la scène 1, je sais qu'avec toi ce soir je ne suis pas dans les meilleurs termes. Impossible de faire abstraction de tout le reste, de toute la semaine, de toute la tension accumulée entre nous. Je ne supporte pas de me soumettre à toi  encore moins en public. Tu me fouettes, comme un étranger, et moi pour toi : une étrangère, une abstraction, aucun dialogue de toi à moi ne nous relie, tu ne sais pas mentalement où je suis (tu ne cherches pas à le savoir).         L'un des moments que j'ai oublié de cette scène 2, qui s'est pour le reste effacée, et qui m'est revenue très tard samedi : je t'encule avec un gode ceinture, devant Charline, je fais attention de ne pas te faire mal, mais tout le geste est pour moi de domination et d'humiliation à ton égard. Il y a de la rancoeur de ma part, comme dans la scène 1.  (Je ne sais pas bien ce que toi tu veux, ce que tu cherches, pourquoi tu "fais le soumis" apparemment, mais sans en avoir aucune des marques à mon égard, aucune parole de soumission, de déférence. Je ne te les demande pas, il est vrai. Ce que Christine, elle, ne manque jamais de faire "on dit : oui maîtresse", rappelle-t-elle. La domination entre nous est finalement brutale, non civilisée. (Il faut aussi que j'y fasse le deuil, que tu ne sois pas mon double, qui sent comme moi, qui passe par les même choses que moi, qui sait, dans ses entrailles, son masochisme comme moi). Je ne me souviens plus ce qui se passe avec Charline, c'est quelqu'un de vaporeux, une personnalité indéfinie, idéale pour la projection ! Scène 3 :      Nous montons au troisième. Charline trouve une corde pour me tenir en laisse. Tu es déjà là, sur un tabouret, observant attentivement la cérémonie en cours. (Entre la scène 2 et la scène 3, j'ai un blanc : pourquoi es-tu en haut avant nous?)     Christine, assise dans son fauteuil, un soumis debout, pieds et poings liés, sexe lié, seins pincés. Claudia fouette un autre soumis à côté. Christine : pichenettes, roulette métallique, cire de bougie sur le gland, qu'elle racle avec un canif ensuite comme on épluche un légume, puis le soumis est à quatre pattes et doit se masturber sur sa chaussure et y jouir. Je suis à quatre pattes aussi, comme présentée à maîtresse Christine, je me rue sur le bas de sa robe que je remonte avec ma bouche, et je lui embrasse et lui lèche les jambes et je remonte, vers les cuisses. Son soumis fait de même, se fait rabrouer, me regarde, m'embrasse, s'excite. Puis je l'encule ( m'en a -t-on donné l'ordre? Sûrement) doucement (attention à ses hémorroïdes !) il est à quatre pattes. Je le traite de pute, et je l'enfile en faisant le mec, en lui empoignant les hanches et me claquant contre lui.       Charline et Christine commentent, Christine, mon humour, ma sensualité. Je leur dis que je vois bien que je suis un objet pour eux, que Charline a "offert" à Christine. Christine doit descendre, elle ordonne à son soumis de jouir sur mes bottes et de lécher ensuite. Ce qu'il fait.       Toute cette scène est ma préférée. Tu n'y étais pas sauf en spectateur. Comment faire?        J'aime être soumise à Christine, comme ça, un peu mais pas trop en public, mon moi n'en est pas humilié au contraire, elle le flatte et cela me fait terriblement du bien. L'excitation du soumis B. était contagieuse, dans ses yeux tout près des miens. Je n'ai plus regardé Charline non plus.   Scène 4 :      Je redescends .( Ah oui, entre 2 et 3 je suis allée boire un verre en bas avec Charline, Willy nous offre un gin orange, léger.)     En fait de spectatrice curieuse pour cette première soirée, j'aurai passé tout mon temps, très active, à jouer, mais frustrée de n'en avoir pas vu davantage. Par la porte entre-baillée de la petite salle du premier, je trouve Charline à nouveau en homme, en slip. Je le caresse, son dos, le branle, sors sa queue, lui dis que c'est une belle queue, comme toi il n'en est pas flatté. Lui dis que je veux me la mettre, ouvre le bas de ma combinaison, lui, trouve une capote, m'installe jambes écartées sur le fauteuil gynéco, prend sa queue et l'enfile en moi, c'est une bonne queue que je sens bien, il donne quelques coups de boutoir. Je ne lis toujours rien dans ses yeux que la même impassibilité énigmatique. Il me demande pourquoi je fais ça. Je lui réponds "comme ça ce sera fait". Il ne comprend pas bien , ou pas du premier coup. Une fois qu'on en est là, je vois que c'est une impasse, moi c'est sûr je ne vais pas jouir comme ça, et lui manifestement non plus, il ne réagit pas en homme habituel commandé par sa queue. On arrête. Il me demande de l'enculer "comme ça ce sera fait" me dit-il. Je lui demande de se retourner, penché sur la table. Il est trop haut, je n'y arrive pas. Je lui dis de se mettre sur le prie-dieu, je n'y arrive pas non plus. Je vais chercher un gant et du gel, un doigt, son cul est très serré, il me dit que ça lui fait mal et que ça ne lui fait rien. Je n'arrive pas à le pénétrer avec mon gode ceinture. On abandonne.        Comme je te l'ai dit dans la voiture, j'ai fait le tour d'une impasse avec Charline, et lui aussi peut-être, dans ce cabinet. A faire l'expérience de quelque chose qui ne va pas, quelque chose que je ne maîtrise pas, que je ne comprends pas, et dont je ressors avec la question de mon désir : qu'est-ce que je désire, désirerais ...Et depuis nos conversations avec la question aussi de : qu'est-ce que j'ai fait, en fait? , qu'est-ce qui s'est passé là et pourquoi?      J'ai cru que je pouvais désirer Charline de manière "classique", mais ça ne va, parce que si Charline répond à cela, je ne comprends plus ce que je veux, et que Charline n'y répond pas non plus. Je suis avec "elle" comme avec un double : deux désirs à la fois têtus (on se plaît) et flottants, déliés. ( Pour te désirer j'ai besoin de sentir ton désir aussi. Parfois cela marche parfois non).        Je ressens ce désir comme innocent. En parler et je peux l'apercevoir comme coupable, à punir. Est-ce cela que je cherche, la punition d'un désir coupable        Il y a quelque chose d'oedipien dans le désir pour Charline, les bras tendres d'un homme qui m'enveloppent, une sensation d'illusion, aussi, où je crois que ce que je désire ce serait d'être aimée là tendrement comme une enfant et désirer tendrement aussi, et que dans le "réel" de mon fantasme (donc pas le réel vraiment, mais comme si dans mon fantasme il y avait le fantasme et le réel) donc dans le "réel" je vois que l'homme est en fait indifférent, étranger, seulement intéressé à voler du plaisir, à montrer qu'il domine. Et dans mon fantasme je m'en aperçois et je veux bien quand même, tant pis, être prise.       Et cela rejoint mon fantasme le plus récurrent d'un père tendre et froid, qui me donne les marques et de sa tendresse et de sa méchanceté, sans que je puisse savoir à quoi m'en tenir, et c'est cela qui me fait chavirer, cette incertitude là me fait lâcher, le sol se dérobe sous mes pieds, je pourrais jouir comme ça ! ( Ca me fait pleurer, mais je crois que rien ne me procurerait une jouissance plus grande que d'approcher même imparfaitement ce fantasme). Ce n'est pas épuisé, mais, bon, il est tard.  Scène 5 : nous regardons A. et sa soumise.      
 
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