Ran 2010 Cat PDF Imprimer Envoyer

 

RAN 2010 CAT

 Y et R

 

Nous savons en venant au Ran que nous allons les y retrouver. Nous les apprécions beaucoup. Depuis nos conversations l’an passé au Ran nous nous sommes vus deux fois qui comptent beaucoup, hormis chez Shoushou, en bons amis, chez eux pour l’anniversaire de Y avec ses sœurs et leurs amis, et chez moi pour déjeuner. La dernière fois, chez Shoushou, j’ai dit à R que j’avais envie de l’attacher. Ce n’était pas une phrase en l’air, mais un fantasme: le produit de ce que je suppose de lui en fonction de nos conversations, de sa position d’homme qui vénère sa femme comme une princesse, mélangé à une image s’imposant à moi avec la force du désir: R, les deux mains liées, bras en l’air, rendu vulnérable et accessible à ce qui fera se tordre son corps, les coups et les caresses. Nous avons rendez-vous au Ran. Rien de prévu. Pour eux, je ne sais pas. Pour moi, pour nous, nous avons rendez-vous avec eux.

Le premier soir ils nous accueillent adorablement, pourtant nous ne sommes ni vêtus pour la soirée, ni lavés ni rasés ! Nous campons provisoirement pour la nuit sur l’emplacement de Yoli et Pierre, nous sommes arrivés de nuit, épuisés.

Au matin, R nous invite pour le petit-déjeuner. Ils ont tous les deux des prévenances adorables. R nous explique en riant que tout le camping est au courant du fait qu’il attend ses amis, nous, et qu’il organise un apéro le surlendemain !

Je ne sais plus quand je rappelle à R le rendez-vous de mon fantasme (et du sien je l’espère? Je ne le sais pas, il ne le dit jamais formellement, je ne le saurai que plus tard, le jour J). Commence la série des rendez-vous ratés, des excuses, des dérobades, mercredi, jeudi, vendredi. On doit mal s’y prendre. Il vaut mieux dire qu’on prendra l’apéro, plutôt que de les contraindre à ce qui semble-t-il est le plus ennuyeux pour eux, un « oui » direct à ce que nous leur proposons…

Vendredi soir, R me fait part de son inquiétude à propos de son érection. Je le rassure. Jouer n’oblige à rien de cette sorte! R et Y viennent donc pour l’apéro samedi vers 19 heures.

Nous avons passé l’après-midi à « répéter ». Nous avons cherché comment installer le jeu et mon image fantasmatique. En utilisant les arbres, en imaginant les rôles, par exemple de te neutraliser en t’attachant aussi, ce qui permettra à Y de s’occuper de R elle-même si elle veut bien pendant que je m’occuperai de toi. Nous avons réglé les bracelets, chaînettes et crochets, pour vous attacher bras levés, de manière à ce que vous puissiez offrir le dos ou le devant de vos corps, que les pieds soient liés aussi avec un léger écart, mais contraints. J’ai essayé sur toi la nouvelle badine et le nouveau martinet rapportés de Londres. Au point que la répétition a déjà été délicieuse, bavarde, discutant de tout, mais où j’avais le plaisir de t’avoir à ma merci.

 

R et Y arrivent avec une bouteille et nous prenons un verre, élégamment même si nous sommes à une table de camping et nus! Un ou deux verres, et puis je demande à Rachid s’il est prêt et je lui bande les yeux. Dès ce moment, son visage change, se détend, devient sérieux, grave, il ne parle plus. Je lui pose ensuite à chaque membre des bracelets de cuir et le conduit à l’arbre pour attacher ses bras en l’air et poser la chaîne qui contient ses pieds. J’y vais doucement, progressivement, fouettant son corps, marquant des pauses, le caressant, lui murmurant qu’il le mérite. Très vite, je t’attache aussi comme prévu pour te neutraliser et offrir une agréable symétrie, mais surtout pour permettre à Y de s’occuper de R si elle le souhaite. Pendant ce temps, R attend, je t’attache bras levés, yeux bandés. Avant tu as couru faire boire à R quelques gorgées de rosé, comme des condamnés qui s’entraident avant que plus rien ne soit possible !

Je donne à Y les martinets pour essayer, chauffer le corps de R d’un côté et de l’autre. Elle n’aime pas trop, dit-elle (comme moi, qui avais si peur que tu aies mal, l’an dernier ? c’est en voyant Marcel te faire ce qu’il te faisait, que j’ai appris à te fouetter sans cette inhibition. Battre est un geste qui dérange :ce n’est pas la douleur du coup , c’est le symbole , une image intolérable , le rapport de force à nu , sauf qu’ici , c’est pour jouer , mais il reste choquant au début .)

Par contre Y me relaie quand il s’agit de narguer R, de le rendre plus contrit, de lui faire dire des « oui maîtresse », des « encore » et des « merci » avec déférence, et sous nos petites remarques narquoises.

Tu cries d’avantage sous les coups, mais je sais qu’il ne faut pas en tenir compte! R ne crie pas. Il faudrait être vraiment cruel pour lui arracher la moindre plainte. Il est entré dans le jeu petit à petit. Quand je lui ai demandé de dire « encore maîtresse » pour que je continue de le fesser, il a hésité, mais l’a dit .Et Y vient l’exciter en le frôlant. Je ne sais plus quand il s’est mis à bander. Mais voilà, je sens que ça marche.

Je t’ai ôté ton bandeau pour que tu voies, car la scène est devenue très belle. R est transformé, un prince martyr, d’une grande beauté, jamais il ne m’a semblé plus beau et plus désirable. A un moment, tout bas, R me dit de lui même qu’il a mérité cette punition, c’est le plus beau moment, je vois qu’il est entièrement dans le fantasme, et je suis profondément émue de voir et de savoir à ce moment là que nous avons en commun et accès à ce domaine du masochisme pour en jouir!

Je termine en lui posant des épingles à linge, sur les tétons, sur les bourses en étoile, je le branle de temps en temps, le fouette encore, puis le branle encore, sa queue est bien raide et bien dure, et je crois qu’il gémit. Je lui ai interdit de jouir sans mon autorisation. Je le lâche, le reprends. Il finit par me le demander. Je le branle et je crois qu’il va jouir. Il crie, mais rien ne vient. Je finis par lui dire que son temps d’autorisation est révolu, je laisse Y le reprendre. Elle me dit qu’il a déjà joui. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive, il a joui sans éjaculer mais il a joui. Le mot de « cérémonie » , même s’il est un peu cérémonieux, convient bien à toute la scène.

 

 

Le soir, après trois autres personnes, au ping-pong, devant un public recueilli, R me demande pour Y la faveur d’être fessée! Je n’en reviens pas! Elle se penche sur la table, R lui ôte son short, campée sur ses jambes écartées, elle offre son cul splendide aux yeux de tous et à mes mains, je la caresse et la frappe tour à tour, R me demande s’il peut s’approcher pour lui parler, la réconforter, je refuse. Elle n’a pas besoin de lui, ne souffre en rien, comme elle, quand je battais R avait peur pour lui, il a peur pour elle au-delà de la réalité .Il me l’a confiée, qu’il me la laisse!

Cela me fait plaisir que l’un et l’autre soient un peu entrés dans notre univers, soient venus à notre rencontre dans ces deux scènes, charmantes, et pour moi « tendrement » érotiques (et le « tendrement » n’a rien d’ironique, loin de là, on a le « tendrement » que l’on peut, n’est-ce pas?).

 

 

Yoli et Pierre

 

Après nos belles vacances à Ampus à Pâques, j’ai écrit sur ce séjour un très beau texte, avec toute la joie et l’amour que l’un et l’autre avaient éveillés en moi. Je n’en ai pratiquement eu aucun écho. J’ai constaté amèrement que Yoli n’était plus du tout « amoureuse » de moi comme elle le déclarait à noël, et quand elle est passée en juin pour ton séminaire, même plus dans la séduction à mon égard, mais dans une rivalité au quotidien décevante et ordinaire, parfois peu visible, parfois manifeste, mais où son narcissisme est sans cesse en évidence et opérant comme chez beaucoup de gens que d’ordinaire je ne fréquente pas trop.

Soit j’ai écrit (et fait à Ampus) quelque chose que Yoli n’a pas supporté (jouir avec Pierre d’une certaine manière?, écrire ce récit qui donne les larmes aux yeux à Pierre?), et Yoli est blessée de quelque chose et ne le dira pas, le niera, (« en trente et quelques années de libertinage nous n’avons jamais eu de problèmes » est un de ses refrains favoris! Et pourtant ce n’est pas l’idylle le libertinage, semble-t-il) , ou bien et cette deuxième hypothèse est profondément pénible pour moi, je me suis trompée, j’ai cru trouver en eux les amis possibles, je n’ai pas vu la barrière ou le mirage, et pourtant comme j’ai été prudente!, je me suis laissée prendre à des mots de séduction et j’y ai mis plus qu’il n’y avait, paroles légères auxquelles j’avais donné le poids de l’or…

Surtout Yoli : que je m’ouvre à une femme, que j’y croie au point de baisser la garde (alors que je connais par cœur et jusqu’à l’écœurement le narcissisme des femmes incapables d’aimer d’autres femmes) et que je retombe sur le semblant d’une relation qui est redevenue de pure convenance, tout cela m’a profondément blessée.

 

Quand nous arrivons au Ran, Yoli nous accueille et c’est vraiment gentil de sa part. nous dînons à trois en haut, elle ne fait que parler des dessous du Ran, de conflits, je suis de plus en plus mal, comme à Lille elle n’écoute rien de ce que je veux dire, je finis par ma taire.

Quand Pierre arrive le lendemain, Yoli change, elle redevient gaie, caressante avec moi - c’est en public, aussi. Puis dans la suite, Yoli est à nouveau avec moi, à part quelques effusions faciles et qui ne me trompent plus, inattentive.

Hypothèse: le désagrément que je représente pour elle est à nouveau important, car Pierre a exprimé vivement son désir pour moi. Mais que puis-je en faire? Pierre et Yoli m’ont utilisée dans le scénario de couple qui s’attribue toujours l’un à l’autre ce qui ne va pas, sans convenir jamais de rien. Je fais partie de ce dispositif, et je ne dois pas être la première. J’ai l’occasion d’observer la capacité de négation de Yoli, peut-être même inconsciente : Yoli refuse de voir ce que Pierre me manifeste de désir. (Patrice va même jusqu’à supposer que le comportement de Pierre qui va de plus en plus loin, est motivé par cette négation de Yoli, par son indifférence à elle à son égard à lui).

Je suis fascinée par tous les propos de Yoli parlant « en général » des femmes qui manient le fouet au Ran par exemple, et ce sont toujours d’autres femmes, ou une généralité, elle ne me reconnaît à aucun moment dans ce que je fais ou dans ce que je suis.

Après l’arrivée de Pierre, quand elle est redevenue plus séductrice à mon égard, un soir je l’attrape pour danser, elle me suce sur la piste de danse, puis moi, c’est un beau moment.

Quand j’officie un soir après avoir fessé un soumis, Yolande s’offre aussi: être fessée aussi publiquement lui plaît, il y a du monde qui regarde : quand il y a du monde qui la regarde, tout redevient à nouveau facile avec Yoli.

Mais la soirée à quatre où nous mangeons à la Genèse, où j’ai faim, froid, avait commencé par de belles conversations comme à Ampus, sur nos démêlés avec le sexe ici au Ran, puis nous parlons de Pierre, mais Yoli va à d’autres tables parler avec des amis, puis elle ne parle à nouveau que des dessous du Ran, des conflits de pouvoir, je rentre malade plus, plus… Je te dis avant de m’endormir que chaque fois que nous passons une soirée avec Yoli, je suis à nouveau malade au point de me vider.

 

Pierre passe en vélo nous voir. On lui explique un peu ce qui ne va pas, qu’on ne s’est pas trouvés, qu’on veut bien en parler encore avec eux.

Ils passent un après-midi, on parle plus clairement, je te laisse parler. Je garde mes lunettes de soleil, j’oscille entre la colère et les larmes. Il n’y a que moi ici qui ressent les choses aussi violemment? Yoli dit qu’elle est comme ça! Ce n’est pas une raison! On ne peut pas traverser à leur place ce qui ne va pas non plus entre eux dans leur sexualité. Je ne crois pas non plus Yoli. Quand elle m’a parlé à noël de son « jardin secret », j’ai cru bêtement que Yoli avait ce problème comme moi, de ne pas arriver à parler de ses fantasmes, comme c’était le cas pour moi avant. Maintenant, je sais que c’est autre chose, c’est ce qu’elle ne dira pas et qui mine tout. Avec moi, cela ne pourra pas marcher. Essayons pour une fois de conserver une relation « amicale », sans profondeur, sans don total… Le saurai-je? C’est une histoire qui m’a blessée, et j’ai du mal à l’oublier. Yoli est tombée malade le lendemain de notre conversation…

 

Nous deux

 

Arrivés au Ran, c’est regretter de ne pas être trois comme l’an passé, où nous étions tellement occupés de notre passion pour Marcel, occupés de nos jeux, de faire tourner les places, que le Ran pouvait s’écrouler sans que nous nous en apercevions ! Mais à deux, c’est aussi plus facile, on peut se détendre plus aisément, se relâcher.

Je me dis que nous n’allons pas retrouver l’enfance, les rires, qui faisaient par exemple que le trajet le soir pour rentrer à notre tente à l’autre bout du camping, on ne le voyait pas passer, tous les trois à rire tout le long du chemin, et puis si, ça recommence, on est gais, légers, on rigole aussi en remontant les allées, on redevient de vrais gamins. On s’est installés en hauteur, là où il y a du soleil ,on est à l’abri .Entre les arbres, on peut faire une scène. On a un gros matelas dehors pour jouer. On l’étrenne le lendemain de notre arrivée , on baise comme ça, enfin, dehors, en pleine liberté, avec le ciel bleu, les arbres, les grillons, les cigales, et les autres humains pas loin. Un seul sanglier est venu nous regarder de loin, tu me suces, je jouis. L’homme complimente mon sexe, dit qu’il aime voir à l’intérieur, et moi je souris poliment sans lui répondre qu’il n’a qu’à écarter les fesses pour me montrer son trou s’il veut que je lui montre le mien ! Il a le visage souriant, c’est incroyable comme on n’oublie pas le visage des voyeurs… Lui, je vais le voir tous les jours et plusieurs fois par jour ! C’est l’un des deux hommes du camping-car près des sanitaires, que tu as surnommé le « café du commerce », parce qu’on y voit à longueur de journée, d’autres sangliers s’y arrêter et bavarder. Tous les matins il me hèle d’un grand bonjour, au début je réponds pour seulement être tranquille, à la fin du séjour; c’est moi qui lance un tonnant « salut les garçons! ». On n’est pas rassurée au Ran quand on est une femme, pas tout de suite. On est plutôt sur ses gardes! « Quel type de pute vont-ils croire que je suis? » Voilà ce qu’on se dit…

 

Jeudi, on recommence, on baise tous les deux dehors, à l’heure de la sieste sous les regards d’un sanglier. Il approche sa main de mon corps, mais je refuse, il se branle assis à côté de nous, il demande s’il peut jouir, « accordé ». Il jouit. Il fait un peu le coq avant de partir, à cause de mon ton autoritaire, il ne peut pas s’empêcher de dire que ce n’est pas ordinaire qu’on lui interdise de toucher, qu’on lui donne des ordres, il parle d’une amante qui aime être battue, l’effort qu’il a dû faire pour la satisfaire, son incrédulité devant le masochisme de son amante se lit sur son visage. Je n’ai pas joui, toi si peut-être?

C’est incroyable ce que les hommes peuvent fanfaronner. Encore un spécimen, et en plus je ne vois pas les sangliers comme des hommes ordinaires mais comme des hommes douteux, je les méprise un peu, voire beaucoup !

 

Vendredi, je ne sais pas ce qu’on fait à deux, peut-être rien .

Il faut dire que nous allons à Barjac pour le médecin, l’infirmière, la pharmacie, les résultats d’analyse,… ça n’arrête pas et j’ai toujours mal au ventre…

 

Sinon, on a des visites… On a beau être au bout du bout du Ran, on vient nous y trouver. Yoli et Pierre sont venus jeudi nous présenter un couple intéressé par notre « atelier d’écriture », des anciens du Ran que pourtant Yoli et Pierre ne connaissaient pas. C’est intéressant, on va comme cela entendre différentes versions du Ran. Il y en a une, d’histoire, qui revient et qui est déplaisante: à l’origine, il y a un homme pour créer le Ran et ses soirées, un salaud qui s’accordait un droit de cuissage ou quasi, je n’ai entendu qu’un homme plus jeune le raconter avec dégoût. Je suis étonnée que d’autres en parlent comme si cela faisait partie des choses! C’est symptomatique de l’ambiguïté du Ran: lieu de liberté pour les femmes ou d’asservissement ? Il y a des femmes qui, malheureusement, par leur attitude ambiguë laissent perdurer les attitudes machistes des hommes comme normales. Dommage, cela n’aide pas les autres femmes.

Il est vrai qu’il n’y a parfois qu’un fil entre l’asservissement joué par les femmes pour l’excitation dans les jeux érotiques (la chienne) et la confusion de cela avec la réalité. Par exemple, on découvre que Pierre se comporte ici comme on n’imaginait pas, il a des gestes à l’égard des femmes, limites voire carrément déplacés.

Et puis il y a les apéros en fin d’après midis, et les journées semblent filer. Mettons que vendredi, on n’a même pas le temps de baiser tous les deux!

 

Samedi on joue tous les deux pour répéter la scène qu’on jouera le soir avec Rachid et Yasmine. J’aime vraiment bien. On essaie tout, je te bats et te caresse pour discuter technique, on joue comme des enfants.

 

Dimanche, on a laissé le matelas au soleil pour la sieste. Je te demande de m’attacher, mais il fait trop chaud, je m’énerve que cela ne marche pas, j’ai envie de jouir pour me décharger sans y arriver. Je suis aussi épuisée d’avoir dominé la veille toute la journée et toute la soirée!

 

Lundi .On se récupère .Le matin on baise tous les deux dehors, personne ne vient nous déranger, on jouit tous les deux.

L’après-midi, on commence à discuter des scénarios qu’on pourrait jouer à deux ici. On avait déjà parlé avant notre arrivée des fantasmes qui pouvaient venir et s’adapter au Ran. On en déroule quelques uns, en discutant quelques aspects pratiques. On met au point le scénario du maître et de sa chienne. On est d’accord. On y va.

Tu me mets mon collier et ma laisse que tu tiens pour me conduire à la vaisselle. Je porte la bassine, je dois garder les yeux baissés, je ne parle plus, tu me donnes des ordres. Tu t’installes pour faire la vaisselle, moi à quatre pattes contre tes pieds, le museau contre tes jambes, comme une petite chienne apeurée et un peu collante. Il y a déjà du public, on empêche que les gens nous entourent comme je te l’ai demandé. Tu me fais te sucer la queue de temps en temps. Quand je ne suis pas sage tu me rabroues et me corriges, surtout quand je sors les dents sur ta queue. Ca dure. Tu laves et je me tiens à nouveau tout près dans tes jambes, je dois te resucer; même jeu, je n’obéis pas, tu te fâches, tu me fais me retourner, le cul face au public, peut-être que tu me fesses un peu. C’est bien, c’est proche d’un de mes fantasmes mais encore trop bon enfant ! Je m’amuse et je jappe, je grogne. Tu joues la comédie du maître d’une vraie chienne, l’animal bébé, il manque un peu de putasserie pour l’excitation mais c’est déjà pas mal, on a bien joué, et on repart comme on est venus, la vaisselle faite. Moralité : faire attention à ne pas être trop parasités par le public! Bien jouer nos rôles mais se brancher sur l’excitation avant tout !

 

Après on va se promener, on va à la plage où nous ne sommes jamais allés. Le soir on dîne tous les deux à Féreyrolles avant la soirée comme ci comme ça, où on aperçoit un beau et jeune asiatique.

 

Mardi, c’est encore une journée de grosse chaleur. La matinée file entre baignade et salade de riz, on croit qu’on pourra écrire un peu mais le temps passe trop vite , on part à Barjac pour mes résultats d’analyse, c’est la cohue, braderie, tu es de plus en plus énervé. En rentrant avec les courses, on a quelques escarmouches, tu me réponds de travers et ça commence à aller mal!

On passe chez Yoli et Pierre où on fait la connaissance de deux autres couples. On va dîner à quatre avec Gui et Gérard, déjà aperçus chez Shoushou, ce sont deux archéologues agréables et intelligents, c’est une soirée un peu mondaine, mais pas déplaisante du tout. Cela fait du bien de profiter de la conversation de personnes cultivées. Au retour cela explose entre nous, dispute, haine, je me sens abandonnée, je déteste ne pas pouvoir m’empêcher de pleurer, alors que mes larmes te laissent de marbre voire pire. Au réveil le lendemain, c’est rebelotte, on arrive quand même à parler, tu développes tes toujours brillantes analyses ! Qui concernent comme souvent essentiellement « mes » supposés problèmes, « ma » supposée désexualisation, à l’appui tu te sers d’un de mes propos: que le bel asiatique, non finalement, je ne souhaite pas que nous partions à sa recherche, il me fait penser à Christophe, pour me balancer que mes inhibitions sont vraiment un problème qui vient de moi.

On s’est apparemment calmés. Je vais nager pour me distraire, mais j’ai de plus en plus de mal à endiguer ma colère, j’ai envie de te sauter à la gorge. Tu m’as dit «j’espère que tu n’es pas en train de devenir parano, parce qu’alors là on en a pour trois jours! ». Je ronge mon frein, je ne hurle pas, et pourtant, si, je suis devenue parano et délirante. J’écris, je t’écris de mon écriture de révolte et paranoïaque et de récrimination. Une heure et demie plus tard, tu lis ce que j’ai écrit, j’attends ton verdict, blanc ou noir, j’espère que tu auras ce ton doux et ouvert, à mon égard, raté, c’est l’inverse! Tu me balances à la figure que ce que je t’écris est fermé, dégoûtant ou je ne sais quoi, là c’est bon, je me mets à hurler.

C’est là que tu me dis : « eh bien attache moi, bats moi autant que tu voudras ».J’ai un quart de seconde d’hésitation (ne pas te faire plaisir, avoir peur de ne pas pouvoir le faire, et puis, si, O.K., tu vas voir…). Je te pose le masque, je t’attache la boule noire dans la bouche qui t’empêche de parler et dans laquelle tu pourras mordre, je t’attache les bras en l’air à l’arbre, les pieds entravés par une chaîne, j’ai pris la cravache et je te single à toute volée. Je ne m’en aperçois qu’après, parce que les marques se voient beaucoup. Ca commence à me calmer, et puis je peux te parler sans que tu m’en empêches par tes raisonnements de sophistes et ton débit toujours bien huilé quand toi aussi tu délires sans le reconnaître. Voilà, tu t’es mis à ma merci, cela me calme, tu as fait cela, tu veux bien que je te frappe encore, violemment et plus fort, tu me fais signe que oui, tu acquiesces aussi quand je te parle de ton orgueil qui a bien besoin d’être corrigé et du manque d’égard que tu as eu pour moi. Ma colère tombe assez vite. Je te bats plus sereinement, méthodiquement, je te caresse très peu, je te le dis. Je te demande combien de coups tu veux, feins de ne pas comprendre, et choisis une quarantaine, je te retourne, te manie, te place des pinces, t’embrasse, ( les pinces, c’est toujours ce qui fait fuir un tiers des voyeurs!), je te branle, tu bandes, je te fais crier, t’embrasse, on arrête, je te détache.

 

Première fois. Première fois qu’une crise se « résout » par le jeu. Bon à savoir.

Les spectateurs sont partis, nous sommes tous les deux, fatigués, détendus, je suis assise dans un fauteuil, et te demande de me sucer, dans cette belle lumière de l’après midi. On entend des pas. Toi tu ne vois pas, puisque tu as la tête entre mes cuisses et le nez dans ma chatte que tu lèches consciencieusement. Alors je te le dis : « c’est l’asiatique, qui arrive ». Il tombe bien celui-là. Je lui fais signe de s’approcher avec le doigt, tout près, et je lui explique en écartant les jambes pour qu’il te voie bien me besogner avec ta langue, que comme il peut le constater, mes poils repoussent et qu’il faut me raser. Est-il d’accord pour le faire? Alors que je serai aux ordres de mon maître?

C’est oui, alors tu me mets mon collier, ma laisse, rassemble le nécessaire, et nous voilà partis. Je tiens le bel asiatique par la taille contre moi pendant que tu tires sur ma laisse. Tu m’assieds entre deux lavabos, sur une serviette, poignets liés en l’air. Et en public, Vincent commence l’opération, délicatement, le visage à quelques centimètres de mon sexe. Je me vois dans tous les miroirs, je souris comme une reine, a-t-on jamais vu une esclave plus glorieuse et plus gâtée? Tu inspectes, tu me fais descendre, appuyer les bras sur le rebord, étendre le cul pour que là aussi ce soit rasé, me savonnant la raie et le « petit », obscène, devant tout le monde, je sers les cuisses de plaisir rien que d’y repenser, si près de mon fantasme… Je remonte sur le rebord de pierre, quelques coups de langues viennent vérifier que ma chatte est absolument douce aux lèvres, tu m’enfiles un peu, puis voilà nous repartons. En embarquant le bel asiatique sorti d’un film comme « In the mood for love », personne ne nous suit, on nous laisse partir tranquillement avec notre jolie proie. Sur le matelas où nous l’avons étendu, nous le caressons, le branlons, le suçons, quand il bande assez, nous lui posons un préservatif pour que je l’enfourche dos à lui. Un petit peu car sur le matelas chevaucher est périlleux, mais pour le plaisir de t’entendre me traiter de garce avant que sa queue ne faiblisse en même temps que mes genoux.

Après on l’emmène boire un verre à Féreyrolles, on l’assomme avec nos discours féministes, queers etc., et on le raccompagne avec le plaisir d’exhiber notre bonne et belle aubaine, et pour visiter la caravane qu’il a louée ! On le quitte pour arpenter la deuxième moitié du camping que nous n’avons toujours pas eu le temps de voir ni l’année dernière ni cette année.

 

Jeudi, c’est à mon tour. Tu vas me bander les yeux, m’attacher, me fesser. Je t’ai juste dit, en entendant un moteur, que si le sanglier qui pétarade en moto et que j’ai trouvé désagréable hier, bête et mal élevé, vient, ça va me refroidir et me parasiter, et que tu lui demandes de s’en aller. C’est ce qui ne manque pas d’arriver. C’est le seul que je ne peux pas manquer d’entendre les yeux bandés. Il arrête sa moto en bas et tu lui demandes de partir. Il ne veut pas. Altercation. Tu es obligé d’insister en lui disant que c’est à ma demande, et que s’il ne part pas, le jeu s’arrête pour tout le monde. Je crois que tout est gâché, et puis courage, je replonge dans le rêve. Le mieux, c’est ta voix dure au creux de mon oreille. Tour le reste est fioriture. Je ne me souviens plus des détails, du déroulement du jeu. Quand tu me détaches, je vérifie, je suis trempée.

 

Vendredi 13. On passe voir Claude, hier il n’était pas là, parti à une soirée privée, son ami nous a assurés qu’aujourd’hui il serait là et sûrement intéressé par ce que nous pourrions lui proposer. Claude, c’est un sanglier, bi, soumis, un homme qui s’entretient, un vieil habitué, un vieux pote de Yoli, et nous allons lui proposer notre nouveau petit scénario du jour. Rendez-vous à 15 heures ou par là, au milieu de l’après-midi, où peu de monde circule. Il arrive avec Jean-Paul qui montera la garde et éliminera les voyeurs indiscrets. Petites affaires, ton collier de chien, la laisse, en route pour les sanitaires. Je te fais t’installer, comme moi deux jours avant, assis sur le rebord entre deux lavabos, jambes écartées. Je dirige Claude également, pour commencer la séance de rasage de tes jambes.

Tu fais le fiérot, je te menace de te bander les yeux: comme ce serait triste de ne plus rien voir dans ce lieu où tous les miroirs nous reflètent sous tous les angles! Claude, au bout d’un moment réclame une cigarette, je lui refuse, je le caresse et le rabroue: qu’il continue, il a le nez près de ta queue en te rasant les cuisses. Quand cela a duré, je lui ordonne de te sucer. Il s’exécute, surveille d’un œil pour sa réputation, que personne ne le voit (!), s’arrête brutalement pour dire qu’un témoin qu’il connaît trop l’empêche de continuer. Jean-Paul le fait partir, Claude reprend, réclame à nouveau une cigarette: « tu veux un pause? », je m’installe moi aussi sur le rebord en face de toi, écarte les jambes, « viens, Claude, à genoux, lèche moi, c’est ici la pause », il s’exécute. J’aime toute la situation, te regarder, te narguer (mais tu te branles et toi aussi tu es excité), pendant qu’un homme que je connais à peine et dont j’apprécie la soumission me lèche sur mon ordre…

On continue la séance de rasage: tout ton corps? C’est énorme! On fait les bras, le dos et je te taquine les fesses, de temps en temps je me repose en me frottant contre Claude, puis je lui donne une fessée, de tout mon cœur, il ne tressaille pas, je lui ordonne de te fesser à ton tour, il y va à toute volée, tout en te caressant entre chaque claque. Tu cries. La fin approche. Tout à coup, (mais c’était prévu entre nous) il te détache, vous vous liguez pour me lier à mon tour, tu m’entraînes vers les douches en me traitant de salle gosse qui ne mérite qu’une chose, qu’on lui pisse dessus, ce que vous faites, toi, lui et un autre, la porte ouverte a permis encore de laisser voir la fin du scénario. Tout cela se finit dans la mousse, vous me savonnez de la tête aux pieds. Claude, comme un enfant, s’extasie sur ta queue «  la plus grosse du camp », et rit comme un gamin, on se frotte encore tous les trois les uns contre les autres avant de se quitter et de rentrer chacun dans son campement.

Le moment de ma destitution, du passage de mon statut de reine à celui de pissotière, est imaginairement merveilleux, peut-être que le spectacle en est réussi, intéressant. Je n’en ressens pas sur le moment la charge érotique: c’est le jeu de gosse qui l’emporte et l’envie de rire. Ce n’est que dans l’après-coup, à me le remémorer, que le moment reprend tout son poids et m’excite brutalement.

 

Samedi 14 .

Dès le matin je suis envahie par le désir pour Suzanne et Georges, avec lesquels nous avons dansé érotiquement la veille. On leur laisse un mot pendant que nous partons à Barjac mais ils sont absents toute la journée.

 

Le lendemain dimanche 15, je croise Georges et Suzanne en allant aux toilettes, leur saute au cou, leur dis que nous les avons attendus toute la journée. Une heure plus tard nous allons prendre rendez-vous pour jouer avec eux cet après-midi (cf. « Suzanne et Georges »).

 

Lundi :

On a dû se récupérer tous les deux, parler, traverser mes humeurs noires. On a baisé tranquillement dans la tente.

On a dû nager, se promener, on est allés dire bonjour à Shoushou qui vient d’arriver, on a eu la visite de Yoli et Pierre pour se parler un peu plus clairement de ce pourquoi cela ne va pas trop entre nous quatre, on a commencé nos interviews, dîné avec Manu et Anne, pleuré en écoutant ses chansons, on s’est promené tous les quatre le soir à Barjac.

 

Mardi :

On a pris rendez-vous pour interviewer Suzanne et Georges, Manu et Anne aussi. Dans l’après-midi, on commence à se caresser et à s’exciter tous les deux et on décide de jouer, que tu m’attaches les mains sur le matelas. Bruit de pas, on a la visite intempestive de Jean-Marc et d’un ami à qui il fait visiter le camping ! On a un moment d’hésitation et de flottement, et puis on le fait, on décide de continuer à jouer devant eux. Je suis d’accord si tu me bandes les yeux. Je leur fais signe un doigt sur la bouche, « silence », et je plonge dans le délice, mains liées, jambes écartées sur ton ordre, m’exhibant, je dois te sucer, avec application , souffrir tes commentaires tour à tour cinglants et encourageants . Le fait d’être vue par deux voyeurs qui ne m’inquiètent pas est très vite un facteur supplémentaire d’excitation, c’est la place de mon fantasme, femme-objet, forcée et consentante à la fois, fièrement obscène. Tu me places des pinces sur les seins et les lèvres du sexe, tu m’ordonnes de bouger pour qu’on les entende cliqueter, cela m’excite terriblement, physiquement et mentalement, tu me demandes de relever les cuisses, tu me fouettes au martinet, tu demandes qu’un homme présent te seconde et frappe mes fesses pendant que tu me maintiens les jambes en l’air et à nouveau tu me fais te sucer consciencieusement. Il manquait peu de chose pour que je puisse monter rapidement à l’orgasme, mais tu préfères arrêter en me disant que je ne vais pas en revenir de qui est là avant de m’ôter mon masque. C’est Shoushou qui est arrivée au milieu du jeu! C’est bien, cela me plaît bien qu’elle m’ait vue ainsi, et Jean-Marc aussi, cela me trouble délicieusement. Shoushou reste bavarder avec nous deux. C’est vraiment bien d’avoir le temps de se parler légèrement et profondément.

 

Mercredi .C’est le dernier jour, on ne traîne pas, on file interviewer Bernard et Flore, l’après-midi, on retrouve Manu et Anne pour être interviewés par eux. C’est la seule fois où tu as oublié de brancher le micro! C’est l’anniversaire de Manu, le soir on dîne au restau de la Genèse avec eux.

 

 

Suzanne et Georges

 

Ce sont parmi les rares à porter tous les deux le soir des tenues plus fétiches, filet et vinyle, ils campent en dessous de « chez nous », un soir nous dansons avec eux, nous les embrassons, nous suçons Georges à deux, puis Suzanne.

Je suis incapable de dire ce qui a déclenché ma « folie » amoureuse. Je me souviens peu de cette scène de la veille qui ne m’a pas empêchée de papillonner vers d’autres personnes aussi ce vendredi soir. Mais le lendemain matin au réveil, je n’ai que cela à la bouche: « Suzanne et Georges ceci, Suzanne et Georges cela ». Le temps où j’hésite à réprimer cela est court, surtout que tu es tout prêt à m’emboîter le pas dans mon enthousiasme de gamine. (Peut-être au départ, Georges quand même davantage, qui est un homme libidineux à souhait sans être déplaisant?).

 

Mais le lendemain, donc, il n’y a plus de Suzanne et Georges partis tôt du camping, et quand nous partons de Barjac, nous leur laissons un mot, ils ne sont toujours pas là à notre retour.

Dimanche matin, je tombe sur Suzanne et Georges aux sanitaires. Je leur saute au cou, je leur dis que nous les avons attendus toute la journée (ce qui n’est pas entièrement vrai ni faux), et que nous passons les voir toute à l’heure pour parler. Nous guettons qu’ils soient seuls, de ne pas les déranger pendant leur repas, et puis nous allons presque cérémonieusement les inviter à jouer avec nous cet après-midi s’ils veulent bien, puisqu’ils ont dû être témoins d’une de nos séances. « Après quinze heures » car elle se fait couper les cheveux, oui, oui elle a quelques jouets qu’elle veut utiliser, je lui dis que j’aimerais être soumise, Georges qui ne parle pas français utilise le mot d’« apprendre »… Ils n’ont pas l’air effrayé. Tout va bien, rendez-vous à 16h30, d’ici là on nage et on se prépare. (Leur plaisions-nous ? saisissaient-ils l’occasion de jouer ouvertement ? Peut-être ne devrais-je pas négliger le fait que lors de cette rencontre à la soirée de vendredi j’avais beaucoup joué aussi avec le très beau couple Véronique et son Chippendale ?Ne jamais négliger la piste de l’orgueil , de la jalousie , ou du moins de ce que René Girard appelle le désir triangulaire , on ne désire que ce que l’on voit être désiré par un autre .)

On voit passer Suzanne avec sa nouvelle tête, cheveux très courts, elle dit qu’il ne lui reste plus que la couleur à faire, elle est transformée, beaucoup plus belle, il n’y a plus rien de cette allure de femme aux cheveux gris, sérieuse, presque rigoriste, passe-partout, qui gommait la beauté de son visage.

16h30, ils nous font attendre, ils passent en nous disant qu’ils vont se doucher… 17 heures, ils montent! J’ai mis mon corset de cuir rouge et noir, surprise: Georges porte des chaps de cuir noir, et deux petites valises noires métalliques : du matériel et l’allure d’un routier du S/M…

Après les effusions, je demande qu’on commence par Suzanne. Et on laisse Georges opérer… Il lui masque les yeux, lui attache les mains, les pieds, la fait se coucher sur le matelas, il ouvre une mallette où j’aperçois des instruments invraisemblables que je ne comprends pas, qui ressemblent à du matériel médical. Georges pose sur un téton de Suzanne un petit tube, puis avec son appareil qui ressemble à un tensiomètre, il aspire l’air et le téton dans le tube. Même chose pour l’autre sein. Il laisse en place les deux tubes, puis après l’avoir enduit de vaseline, il pose sur le sexe de Suzanne un masque transparent, et il aspire l’air progressivement. Les lèvres gonflent et se déploient, de manière monstrueuse et spectaculaire, il lui parle en allemand, elle gémit, il la fouette avec de petits martinets, puis il lui ôte tout cela pour l’attacher à l’arbre, bras liés en l’air, il la travaille au martinet, je peux la battre et la caresser et l’embrasser, elle est délicieusement désirable, et puis il y a un nombre fixé entre eux, et commence la série des claques très fortes sur les fesses, qui la font gémir et se tortiller et dont elle égrène le décompte à voix haute, c’est très beau et très troublant. Fin de la première scène.

Je demande qu’on enchaîne en attachant Georges tout de suite! Que le premier tortionnaire subisse à son tour! Nous nous y mettons tous les trois à battre Georges, à le bichonner, à l’embrasser. Je lui place des pinces sur les couilles, l’embrasse, le branle, il bande bien. Je ne sais à quel signal (de Suzanne?) la deuxième scène s’arrête. Bon, nous ne ferons pas jouir Georges davantage…

Nous faisons la pause en buvant un verre de jus de fruit ou de rosé, avec quelques noix de cajou et quelques olives. C’est agréable de se découvrir si proches par le mode de vie, le statut de divorcés, les métiers même. Mon euphorie ne faiblit pas, bien au contraire. Georges montre son appareil à respirer l’air et les chairs pour les queues, avec démonstration. Il fait essayer cela à Patrice, on dirait des gamins qui jouent à des trucs bizarres. Suzanne montre les deux dernières olives et me dit en me regardant dans les yeux qu’elle gobera la dernière dans mon sexe!

On me bande les yeux, on me lit les mains, comme je me tortille et refuse d’écarter les jambes, Georges me les accroche avec des cordes pour les maintenir écartées, Suzanne m’embrasse, lèche mes seins, ma chatte, c’est excitant, mais beaucoup trop fort pour moi, et j’ai tellement peur d’avoir mal (elle ne sait pas que je suis anormalement sensible, j’aurais dû prévenir) que c’est une petite torture! Puis Georges m’installe son appareil, c’est une sensation étrange ni positive ni négative, excitante parce qu’il y a l’obscénité que j’imagine de mon sexe qui gonfle et se déploie, et parce que Georges a les doigts qui me caressent le trou du cul, et cette obscénité là m’excite encore plus. Suzanne m’embrasse. Puis vous m’attachez moi aussi à l’arbre. Je préviens que je suis douillette. Suzanne me frappe et m’enlace. Elle a ses doigts dans ma chatte presque en permanence pour maintenir mon excitation, je ne sens pas les coups, ils ne sont que des piments au plaisir, ils auraient pu être bien plus forts tant je suis excitée.

Suzanne et Georges me manient en artistes. Quand vous m’enlevez le masque des yeux, je vois qu’il y avait beaucoup de spectateurs, ils sont là depuis le début mais je n’ai absolument pas eu le temps d’y prêter la moindre attention… J’ai adoré toute cette séance, je suis aux anges et je le leur dis, c’est comme un rêve d’avoir été aux mains de ce couple, leur chose, battue et choyée à la fois. Je me sens vidée, soulagée et profondément heureuse.

On boit encore un verre, Suzanne a faim, j’explique qu’avec mes problèmes de ventre je préfère manger seule, on se dit « à ce soir pour danser ».

La nuit est tombée, nous entendons Anne gémir, ils sont en train de baiser avec Manu. Puis on entend Suzanne et Georges, ils s’y sont mis aussi. Nous sommes en train de nous préparer pour la soirée. Plus ils gémissent, plus je flotte, et commence à supposer qu’ils ne viendront pas à cette soirée à laquelle nous nous apprêtons à aller rien que pour eux… C’est une soirée difficile, et nous sommes de plus en plus mal.

Le samedi matin, je me réveille dans un état épouvantable. Je ne veux pas me lever, je veux que personne ne me voie, je t’entends dire bonjour à Suzanne qui te demande si ça va. Tu lui réponds « non », que nous avons passé une mauvaise soirée. Elle te répond simplement « dommage! ». Au début j’ai honte que tu leur aies dit cela, puis c’est mieux, ils s’en vont pour toute la journée.

Et je vais avec ton aide, commencer à détricoter l’horreur dans laquelle je me débats ce matin. Il y a d’abord eu le sentiment de trahison : de baiser, de le faire savoir, et de ne pas venir nous rejoindre à la soirée. Nous connaissons pas cœur ce phénomène qui consiste à s’exciter sur le dos des autres en les trahissant. Personne à trahir ? Et l’excitation s’envole!

Ensuite je me mets en mode « parano » : je commence à soupçonner Suzanne de comportements qui visent à faire barrage entre Georges et moi. Elle, si peu attirée par les femmes, nous ont-ils dit, et qui s’est tant occupée de moi : pour rivaliser avec Georges, et pour m’accaparer contre Georges?

Et puis il faut que je prenne en compte mon délire amoureux, et à sa mesure mon affaissement d’aujourd’hui: une déception qui me semble sans fond! Une blessure, une perte! Cela sent le déplacement…

Alors voilà, je n’ai pas eu de bons parents, même si je ne m’en apercevais pas, même si j’ai préféré ne pas le savoir, d’où je puise peut-être ce grand fond de masochisme. Jouer avec un couple, c’est peut-être pour moi rejouer aux mauvais parents, mais pour en être excitée, rendre apparent le mauvais traitement, lui donner des témoins, toi et d’autres, mais renverser ce qui était mauvais en le reversant dans l’érotisme, le désir et l’excitation. C’est cela la scène d’hier, c’est peut-être la raison pour laquelle elle m’a autant transportée.

Mes parents se disputaient beaucoup, ils n’étaient jamais d’accord, j’étais un pion entre eux, et ce matin tu me le redis, tu me le montres à nouveau en t’appuyant sur toutes sortes de récits antérieurs. Tu me mets cela sous les yeux, je le sais mais je ne le ressens pas, que mes parents m’utilisaient pour se régler des comptes l’un avec l’autre, au mépris complet de ma petite personne. ( Ma mère me demandant de faire croire à mon père qu’il avait le sida pour se venger, par exemple). Je te raconte alors que bien avant les gros conflits centraux qui ont marqué mon adolescence, c’était sûrement déjà ainsi avant, puisque je garde le souvenir aigu de ces camouflets reçus dans mon enfance : lorsque contre toute attente, ils s’entendaient contre moi, ils étaient d’accord contre moi. L’impensable pour moi, la trahison complète qui me terrassait.

Si Suzanne et Georges ont servi de support à mes petites affaires œdipiennes et enfantines, rien d’étonnant à ce que je sois folle ce matin: ils ont dans le réel (et non plus dans le jeu) toutes les caractéristiques de mes mauvais parents, qui me lâchent, m’utilisent pour régler leur compte entre eux (jalousie de Suzanne , provoquée évidemment par Georges) et s’entendent sur mon dos.

Une fois tout cela découvert, je suis tellement détendue que ça doit être la bonne idée…

 

Le lendemain, en passant pour aller nager, on leur propose de les interviewer le soir, c’est d’accord. Mes yeux ont dit ma tristesse et mon désir, Georges a mis la main sur mon sexe imberbe, comme s’il ne résistait pas à toucher un joli animal en marmonnant le mot « beauté ». J’aimerais bien baiser aussi avec eux, mais je n’ose pas le dire. C’est reparti ,je fonds à nouveau! Je me sens amoureuse, j’ai tout compris, mais je remets ça! Je suis folle! Impossible d’échapper à la répétition. Puis c’est à la toilette que nous retrouvons Suzanne et Georges, nous jouons, nous bavardons en nous rasant, en nous lavant, c’est délicieux.

On les retrouve en fin d’après-midi, c’est une belle interview, je me sens proche de Suzanne. Suzanne parle vrai, j’apprends où elle en est avec la jalousie, je comprends, mais manifestement ils jouent encore dans ces eaux là que nous avons quittés depuis longtemps. Suzanne a souffert qu’une autre femme lui prenne Georges.

Suzanne déclare qu’elle a faim. Ils s’en vont. Je leur fais promettre de venir le soir! On les entend baiser, tu me dis que c’est clair, c’est Suzanne qui entreprend Georges pour recommencer comme dimanche soir. Mais les cris s’arrêtent.

Le soir, en dansant, j’embrasse Georges en demandant sans cesse à Suzanne de regarder, pour rire et me moquer gentiment. Puis Georges entraîne Suzanne à la table de ping-pong, l’attache mains au collier, relève sa jupe qui dévoile ses fesses et commence à la frapper. Je vais embrasser Suzanne. Tout le monde regarde. C’est une bonne raclée. Puis c’est tout. Peut-être que Georges la fesse pour sa jalousie, ou pour l’exorciser, ou que Suzanne a réclamé le spectacle de son martyr, être au centre… Pour m’éclipser… Je suis parano et prétentieuse… Mais ce n’est pas vraiment possible (de m’éclipser)! Je me sens trop belle, et trop vivante, et trop gaie… Ils partent plus tôt.

Il ne faut pas non plus que j’oublie que nous sommes beaucoup avec Anne et Manu. Peut-être ont-ils été jaloux ou ce sont-ils protégés par de la distance.

Mercredi, ils partent en randonnée, pas de rendez-vous, j’ai seulement dit à Suzanne « j’espère que nous pourrons vous voir », pas de nouvelles. L’autre couple allemand est revenu, et ils sont ensemble. Nous allons dîner avec Anne et Manu. Georges et Suzanne débarquent dans le même restau avec l’autre couple allemand!

Le jour du départ, je croise Suzanne aux sanitaires, ma bouche répond que tout va bien quand mes yeux (colère et tristesse) disent le contraire. Pendant que nous sommes occupés à remballer, ils montent nous voir pour nous dire au revoir et nous demander s’il y a quelque chose qui ne va pas. Je réponds bêtement que je suis déçue que nous n’ayons pas joué encore. Suzanne s’exclame gentiment, comme si ce n’était pas plus grave qu’un caprice d’enfant. Elle dit que nous serons pour eux un « beau souvenir ». Je me mets à la haïr, et pour me conforter je me mets à regarder ses boucles d’oreille que je n’aime pas et que j’évitais jusque là de voir. Nous voilà balancés dans un passé perdu, quand moi je rêvais d’une aventure qui commençait! D’aller à Munster et de les recevoir à Lille, de braver les distances et les obstacles du langage.

J’enrage d’avoir aimé et désiré ces deux là aussi fort, du côté de mon masochisme moral, sans doute! Mauvais substitut de mes mauvais parents, plutôt que les partenaires tant attendus d’un jeu que je ne savais pas être crucial, capable de m’aider à traverser définitivement le traumatisme de ce que m’ont fait mes parents et qui ne se voyait pas.

Suzanne demande encore: « tu voulais jouer avec moi ? avec Georges? ». Elle semble étonnée quand je refuse et que je réponds « non! avec vous deux! ». Simple malentendu.

 

Anne et Manu

 

Dans ce cul de sac du camping, là où quand les sangliers rodent, ils ont l’air idiot de ne pas pouvoir aller plus loin et font demi tour en prenant l’air dégagé et malgré eux ridicule, il y a nous et derrière, tout au fond, Anne et Manu qui passent inévitablement devant « chez nous » chaque fois qu’ils vont et viennent. Or c’est venu comme ça, que jamais ils ne passent sans nous lancer une blague, un petit commentaire, et voilà, ça fait que je rigole un bon coup à chaque fois! Cela ponctue agréablement la journée, parce que Manu cultive son accent et sa tournure d’esprit « chti » et que tout ce qui fait bien « populo » me ravit et fait glousser illico. De temps en temps les arrêts sont plus longs, avec l’avidité des conversations ici, la joie d’être du même monde. Ils restent peu aux soirées et vont tout l’après midi à l’autre plage, celle du Ran. Au début, on ne sait pas trop ce qu’ils font. Un matin, tu me racontes que Anne t’a dit que la veille ils avaient « levé un petit jeune » et étaient rentrés baiser avec lui. Ca nous plaît bien comme manière! Un soir, à l’heure de l’apéro, ils sont avec un bel homme, Anne et Manu expliquent qu’ils aiment bien le fantasme pour Anne d’être entre deux hommes. Oh comme je comprends! Et puis Manu qui ne veut pas qu’on le prenne pour un pédé, assume tout de même très bien de porter la jupe courte en jean d’Anne, qui lui va très bien! Le gland de sa belle queue dépasse juste un peu, c’est du plus bel effet. Je te dis que je suis entourée d’hommes à belles queues, Georges en bas, Manu ici, en plus de toi, ça me ravit. Toi, tu me regardes perplexe!

Et puis au fil des conversations avec nos deux « voisins » on découvre que tiens, comme par hasard, on appartient aux mêmes mondes dans la vie du dehors, même si nous n’avons pas les mêmes expériences, la même culture, c’est vraiment agréable de découvrir autant de choses communes autour de quoi bavarder avec plaisir. Et pouvoir parler sexualité librement, ça, c’est toujours merveilleux. Manu a un petit côté chti tout pur, comme j’ai dit, plus un côté enfant-qui-démonte-le-monde pour trouver comment ça fonctionne, plus un côté rêveur-gratteur-de-guitare et chanteur de chansons sentimentales, plus un côté innocent, vraiment innocent pour que son ex-femme lui ait fait les coups qu’il nous raconte, il faut qu’elle soit folle, certes, mais que lui soit fabriqué comme un innocent!Tout cela ensemble est très très plaisant .J’adore écouter les bavards comme lui. Mon seul regret étant de ne pas avoir assez entendu Anne , évidemment .Anne est plus discrète mais tout aussi agréable . Pour corroborer cette impression de paradis, outre le côté idyllique de notre couple de voisin, à la peau dorée, à la beauté qui nous fait souvent nous extasier, il y a un petit oiseau qui fonce vers nous à quelques centimètres de nos pieds dès que nous nous asseyons!

 

 

Un jour quand on revient à la tente, par jeu, Manu est allongé sur notre matelas. Par jeu, je lui saute dessus comme un geai sur un biscuit. Manu nous apprend alors qu’il ne peut pas bander si Anne n’est pas là. C’est bien pratique pour eux et vraiment beau. Parfois je me demande ce qu’ils pensent de nous avec nos jeux, nos attirails, nos tenues invraisemblables. Anne et Manu : ça a été un havre, une relation réconfortante, qui nous faisait du bien et nous remettait d’aplomb quand le reste était un peu dur à passer…

Le truc en suspend, c’est qu’on n’a pas baisé ni joué avec eux. Pas encore?

 

Véronique et son chippendale

 

C’est le plus beau couple du Ran. On les a déjà aperçus l’année dernière. Ils ont une belle allure tous les deux. Le premier soir, elle porte un corset autour de la taille, des talons, c’est tout. Il l’a fait le suivre à quatre pattes, avec sa crinière brune, fendant la foule. Elle est merveilleusement obscène ainsi. Au ping-pong, j’arrive alors qu’il est assis sur un banc et qu’il la tient par les hanches pour la faire aller et venir sur sa queue. Je le vois jouir. Ils disparaissent quelques jours. Quand ils reviennent, je lui demande à elle si elle peut se servir de son bel appas (il est beau, musclé, élégant dans ses vêtements noirs de cuir) pour faire venir un autre bel homme sur la piste. C’est Victor, un gay hollandais qui danse comme un dieu. Le ballet, les joutes sur le podium entre ces trois là, sont ravissants.

Au ping-pong, elle est à quatre pattes sur la table et il l’enfile, je le fouette, il veut mon martinet, je lui demande à elle, à l’oreille, si elle l’autorise, elle dit oui, il la bat alors en l’enfilant, sauvagement. Puis c’est avec ses doigts dans son vagin qu’il la fait bramer. Il fouille dans un sac, sort une lampe de poche, il éclaire son sexe ouvert, et le spectacle d’une belle éjaculation féminine! J’entends encore ses cris en me souvenant de son sexe violemment éclairé par la lampe, ruisselant, sublime!

En dansant, je joue un peu avec eux; elle, apparemment en soumise, s’empare de moi, suce ma queue et la déplace pour me sucer la chatte. Quelle belle garce excitante…Lui est plus sur ses gardes avec moi, il n’a pas trop l’intention de se laisser faire, et moi non plus.

C’est une vraie joie de les écouter pour leur interview. Ils se sentent singuliers, nous nous sentons moins seuls! Je me suis mise à aimer leurs corps dans un second temps. Ce sont des corps travaillés, et moi je suis parfois encore dans l’idéologie du « naturel », et j’aime les corps qui ne sont pas parfaits. Je me mets à aimer leurs corps en les connaissant, en les ayant vus jouer et en ayant écouté la beauté de leur parole. Je me mets à aimer leurs corps parfaits. Je pense à Shoushou quand elle dit « chez moi rien n’est naturel ». ça me recale!

 

Et parmi tous les autres …

 

Un soir au ping-pong j’ai commencé à fureter autour des groupes agglutinés. J’ai donné quelques petites tapes par ci par là. Et puis il y a un homme qui surgit sur mon passage, les yeux brûlant, et qui de son index me désigne sa joue. Je le gifle, et il me répond « thank you mistress! » les yeux baissés avec le plus grand respect. Quand je commence à héler à la cantonade « qui veut une fessée? », je ne suis pas étonnée qu’il se présente aussitôt. Je le place, jambes écartées, buste couché sur la table pour une des plus belles fessées que j’ai jamais données; le caressant, je viens lui chuchoter à l’oreille de tendres « bad boy » entre deux claques violentes qui me brûlent la paume. J’aime qu’il acquiesce et me remercie en murmurant pendant que je tiens ses cheveux dans ma main. Quand la séance est terminée, il s’excuse encore d’une opération qui l’empêche de bander. Comme j’aimerais que ces hommes, quand ils sont aussi délicieux, me parlent plus vite de leur inquiétude pour que l’on puisse être d’accord tranquillement qu’ils n’ont pas à bander. Le lendemain soir il vient me saluer, me faire un compliment et me dire que ce soir il n’est pas un « bad boy » avec élégance.

Et puis il y a la dévoreuse, une jolie femme qui entreprend deux ou trois hommes, qui suce, caresse, et baise, et surtout qui n’arrête pas de parler, qui joue des mots autant que du corps, un vrai bonheur. Un soir, elle me laisse la prendre un peu, même si elle « préfère les hommes », et me complimente : c’est agréable !

 

Il y a les soirées glorieuses où nous dansons, où nous rions, où nous jouons, et puis il y a deux ou trois soirs plus difficiles, où je ne me sens pas en forme. Je n’ai pas pu jouer avec mon harnais et ma queue comme je voulais. On n’a pas réalisé le dixième de nos idées de scénarios. J’ai l’impression d’avoir tout juste commencé à m’acclimater au Ran, en même temps que j’avais hâte aussi de fuir ce lieu qui rend fou… Les deniers jours, on était vraiment maniaques, hyperactifs, crevés à courir partout pour faire tout ce que nous avions envie de faire, bouchées doubles et emploi du temps sans répit. Je n’arrive pas à trouver le calme et la détente de manière suffisante au Ran, ni non plus à faire ce que j’ai envie de faire. J’ai été malade, comme avant et après notre séjour. Je me suis débattue contre moi-même. Je ne trouve pas encore comment je pourrais jouir ici…

 

 

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